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Nucléaire : le président iranien estime des sanctions « peu probables »

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Le Monde, 29 août – Lors de sa quatrième conférence de presse depuis son élection à l’été 2005, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, ne s’est pas départi de son attitude bravache vis-à-vis de la communauté internationale sur la question nucléaire, mardi 29 août. Alors que le Conseil de sécurité des Nations unies a donné jusqu’au 31 août à Téhéran pour suspendre notamment son enrichissement d’uranium, sous peine de sanctions, le président de la République islamique a estimé que « le moment d’utiliser l’instrument du Conseil de sécurité est passé » et jugé « peu probable que [les grandes puissances »> veuillent l’utiliser ».

Il a répété que « l’Iran a droit à une énergie nucléaire pacifique », « ne se soumettra pas à la menace et l’intimidation », et « prendra les décisions nécessaires, en proportion avec les mesures » que prendra le Conseil de sécurité. M. Ahmadinejad a par ailleurs estimé implicitement que la Chine et la Russie, membres permanents du Conseil disposant d’un droit de veto, pourraient bloquer l’adoption de sanctions. « Nous ne pensons pas que certains oublieront la sagesse et la prudence au point de vendre leur propre réputation et celle du Conseil de sécurité », a-t-il indiqué.

« DÉBAT TÉLÉVISÉ EN DIRECT » AVEC M. BUSH

M. Ahmadinejad a aussi indiqué que la République islamique avait « tout dit dans sa réponse », mardi dernier, à une offre de coopération des grandes puissances, visant à ce qu’elle suspende son enrichissement d’uranium, et cette réponse constitue un cadre pour poursuivre les négociations et une « occasion exceptionnelle » de résoudre le conflit sur le nucléaire, a-t-il rappelé.

Le président iranien a suggéré de débattre, en direct, à la télévision, avec George Bush « des questions du monde et des moyens de sortir de ces tensions », à condition que ce débat « ne soit pas censuré, surtout pour le public américain ». Cette offre « n’est qu’une tentative de diversion des inquiétudes légitimes qu’ont non seulement les Etats-Unis, mais aussi la communauté internationale devant le comportement de l’Iran, du soutien au terrorisme à la volonté de posséder la capacité de produire des armes nucléaires », a rapidement réagi un porte-parole de la Maison Blanche. Washington n’avait pas non plus donné suite, en mai, à une lettre personnelle du président iranien à M. Bush, longue diatribe contre la politique américaine.

« Nous pensons que les privilèges particuliers dont profitent aujourd’hui les Etats-Unis et la Grande-Bretagne sont à l’origine de tous les troubles dans le monde », a encore déclaré le président iranien, tout en assurant que Téhéran »veut des relations avec tous les pays, sauf avec celui que nous considérons illégitime et imposé [Israël »>, et les Etats-Unis ne sont pas une exception ». « Mais les Etats-Unis ont coupé leur relation avec nous pour faire pression », a-t-il poursuivi, en accusant « l’administration américaine de rêver encore à renvoyer la nation iranienne à il y a trente ans », avant la Révolution islamique de 1979. Et d’estimer qu’il revient aux Américains de cesser de souhaiter un changement de régime en Iran, et « puisqu’ils ont coupé les liens, de fournir eux-mêmes les conditions » de leur rétablissement.
Avec AFP et Reuters

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