IranNucléaireL'AIEA demande à l'Iran de réadmettre ses 38 inspecteurs

L’AIEA demande à l’Iran de réadmettre ses 38 inspecteurs

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AFP, Vienne, 25 janvier – L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a demandé à l’Iran de revenir sur sa décision d’interdire le travail de 38 inspecteurs dans le pays, a déclaré jeudi à l’AFP une porte-parole de l’AIEA, Melissa Fleming.

L’AIEA « a demandé aux autorités iraniennes de reconsidérer leur décision » a indiqué la porte-parole.

Les Etats-Unis ont qualifié lundi l’interdiction iranienne de tentative de « dicter les conditions » à la communauté internationale en ce qui concerne le programme nucléaire controversé de Téhéran .

Mme Fleming a aussi déclaré que l’AIEA avait envoyé mercredi aux autorités iraniennes une lettre, demandant la réinstallation des inspecteurs .

Les inspecteurs interdits en Iran proviennent de Grande Bretagne, de France, d’Allemagne, soit trois pays de l’UE qui ont conduits des entretiens sur le nucléaire avec l’Iran ainsi que le Canada et les Etats-Unis.

Cette réponse dure de l’AIEA intervient alors que le directeur-général de l’Agaence, M. Mohamed ElBaradei, a de nouveau plaidé jeudi au Forum économique de Davos, en faveur de négociations sur la question du nucléaire iranien, estimant qu’une intervention militaire serait « catastrophique ».

« Une intervention militaire contre l’Iran serait contre-productive et catastrophique », a-t-il dit au cours d’un débat sur la prolifération nucléaire.

Il a souligné que l’Iran n’avait pas aujourd’hui de quoi produire l’arme nucléaire : « Nous n’avons pas vu d’installation permettant de produire l’arme nucléaire », a-t-il dit.

« Ont-ils le savoir (pour produire l’arme nucléaire)? Certainement, ils ont le savoir. Est-ce que vous allez bombarder le savoir », a-t-il lancé.

Au même moment l’Iran a adressé une lettre à l’agence demandant de retirer la personne en charge des inspections du programme nucléaire en Iran.

L’Iran avait déjà interdit l’entrée en Iran au Belge Chris Charlier mais souhaite dorénavant qu’il soit destitué de son poste de chef du département des « garanties » de l’Iran au siège de l’AIEA à Vienne.

« L’AIEA a récemment reçu une lettre de Téhéran qui n’a pas été révélée à la presse et qui proteste violemment contre le fait que Chris Charlier soit toujours responsable du dossier nucléaire iranien » a indiqué un diplomate qui a souhaité garder l’anonymat.

L’existence d’une telle lettre a été confirmée par un deuxième diplomate proche de l’AIEA.

Le premier diplomate a indiqué que « Charlier est connu pour son attitude stricte et ferme envers l’Iran et il entrave les efforts de Téhéran de dissimuler tout ce qui concerne une évolution du projet nucléaire ».

De hauts responsables iraniens ont « même personellement approché M. ElBaradei pour faire démissionner Charlier de l’AIEA » a indiqué le diplomate.

En décembre 2006 le parlement iranien a adopté une loi demandant au gouvernement de réviser sa coopération avec l’AIEA. Cette décision a été prise après que le Conseil de sécurité de l’ONU eût passé une résolution imposant des sanctions à l’Iran à la suite de son refus de suspendre l’enrichissement d’uranium en cours dans ce pays.

Les inspecteurs de l’AIEA visitent régulièrement des sites nucléaires iraniens sous les clauses du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) dont l’Iran est signataire.

Le parlement iranien a adopté sa loi en réponse à la résolution de l’Onu numéro 1737, imposant des sanctions pour les programmes nucléaires iraniens et sur les missiles du pays.

L’Iran, deuxième exportateur des pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), souligne que son programme nucléaire est uniquement destiné à des fins pacifiques.

L’Occident en revanche craint que l’Iran ne travaille sur un programme atomique militaire.

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