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Sarkozy « recadre » Kouchner

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Le Parisien, 25 septembre – Le chef de l’Etat, qui n’aurait pas employé le mot « guerre » pour évoquer la crise avec l’Iran, affirme que la France est prête à aider tout pays qui veut se doter du nucléaire civil. De son côté, Ahmadinejad évite de mettre de l’huile sur le feu.

La France veut être à la pointe du combat contre le réchauffement de la planète. C’est ce qu’a dit hier Nicolas Sarkozy à New York, où il participait à une conférence organisée par Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, sur les changements climatiques. « Je veux dire pour ma part que ce défi climatique sera une priorité absolue de l’action de la France, lance-t-il.

La France donnera l’exemple en s’imposant des règles plus dures que les règles définies dans un cadre multilatéral. » Le chef de l’Etat, accompagné de Jean-Louis Borloo et de Nathalie Kosciuzko-Morizet, les deux ministres en charge du Grenelle de l’environnement, se fait grave. « Nous n’avons pas le choix, explique-t-il. L’inaction, ce serait accepter un point de non-retour, franchi dès lors que le réchauffement moyen de la planète aurait augmenté de deux degrés. » Rappelant que la France s’était déjà engagée à réduire de 75 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050, Sarkozy, qui parle entre Albert de Monaco et le président sri lankais, souhaite à trois mois de la grande conférence climatique de Bali que « tous les pays développés et les grands pays émetteurs » de pollution suivent ce même objectif.

Alors que la présence du président Ahmadinejad fait la une de tous les journaux (voir ci-dessous), Sarkozy en profite aussi pour faire une allusion au dossier iranien. Jugeant que le nucléaire permettra d’accéder à une « croissance propre », il assure que « la France est prête à aider tout pays qui veut se doter de l’énergie nucléaire civile ». « Il n’y a pas une énergie de l’avenir pour les pays occidentaux et des pays d’Orient qui pourraient y avoir accès, dit-il. C’est d’ailleurs la meilleure réponse à ceux qui veulent, en violation des traités, se doter de l’arme nucléaire. »

« JE NE PRONONCE PAS LE MOT GUERRE »

Déjà dans une interview au « New York Times », hier, le président français s’était longuement expliqué sur la crise iranienne. Se prononçant pour une nouvelle série de sanctions économiques, il réfute néanmoins l’expression « guerre » employée par Bernard Kouchner. « Pour ma part, je ne prononce pas ce mot », précise-t-il, jugeant « parfaitement contre-productif » d’évoquer tout autre scénario que des sanctions.

Ces dernières semaines, il avait pourtant semblé un peu plus belliqueux. Autre désaccord avec le patron de la diplomatie française : il se déclare défavorable à une visite en Iran. « Dans les couloirs de l’ONU, on peut discuter. Un voyage à Téhéran, c’est autre chose », le contredit-il. Le patron du Quai s’était en effet déclaré prêt à aller en Iran. Mais, pour bien montrer que les relations entre eux restent au beau fixe, Sarkozy a effectué un jogging avec Kouchner dans Central Park. Ce matin, l’Iran devrait être l’un des points clés de son discours à la tribune de l’ONU, où le président prendra la parole pour la première fois.

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