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Iran: certains Européens grincent des dents face aux pressions de Paris

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AFP, Bruxelles, 4 octobre – Poussés par la France, les Européens débattront le 15 octobre d’un durcissement de leurs sanctions contre Téhéran, mais le débat s’annonce tendu car l’Allemagne et l’Italie, notamment, voient d’un mauvais oeil une action de l’Union européenne indépendante de l’ONU.

Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU a reporté à novembre l’examen d’une nouvelle résolution durcissant les sanctions internationales contre le programme nucléaire iranien, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner vient d’écrire à ses homologues européens pour les inviter à « commencer dès à présent à explorer la possibilité de nouvelles mesures européennes ».

« Il est primordial que l’UE montre aujourd’hui sa détermination et qu’elle donne à nouveau l’exemple en prenant l’initiative de nouvelles mesures fermes pour accroître la pression sur l’Iran afin qu’il réponde, enfin, aux demandes du Conseil de sécurité » de cesser tout enrichissement d’uranium, souligne M. Kouchner.

Le Portugal, qui préside l’UE jusqu’en décembre, a prévu de « donner un moment à M. Kouchner pour présenter son initiative » lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères le 15 octobre à Luxembourg, selon son porte-parole, Manuel Carvalho. « Cela crée l’occasion d’un débat. On verra quelle sera la réaction des autres ministres ».

Le Portugal est prudent car les réserves de l’Allemagne et de l’Italie, deux pays aux importants intérêts commerciaux en Iran, sont connues.

Berlin a une position clé: la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne sont les trois pays européens qui, au sein du groupe des « Six », pilotent le dossier iranien avec les Etats-Unis, la Russie et la Chine.
Le Foreign Office britannique, encouragé par le durcissement de la position française depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, a confirmé jeudi « soutenir sans réserve la position de Kouchner et attendre avec impatience une discussion avec nos partenaires européens ».

L’Allemagne, restée muette jeudi, ne partage pas cet enthousiasme.

La chancelière conservatrice Angela Merkel doit gérer une coalition compliquée avec les sociaux-démocrates, dont le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a toujours prôné une action concertée des Six.

Il avait d’ailleurs salué comme un grand succès leur déclaration commune vendredi à New York, fruit d’un compromis difficile entre Washington -pressé de durcir les sanctions – et Moscou et Pékin, très réticents.

M. Kouchner a rencontré mercredi soir M. Steinmeier. Rien n’a encore filtré de cette rencontre.
Mais l’Allemagne n’est pas isolée. L’Italie, premier partenaire commercial européen de l’Iran, et l’Autriche freinent elles aussi le volontarisme français.

« Durcir (les sanctions) avant de s’asseoir à la table des négociations » ne serait pas « le meilleur choix », a estimé mardi le chef du gouvernement italien Romano Prodi.

Pour des Européens fondamentalement multilatéralistes, le problème est, qu’avec sa lettre, M. Kouchner devance l’ONU qui a décidé, avant de sanctionner plus durement l’Iran, d’attendre la remise mi-novembre de deux rapports: l’un de l’Agence internationale à l’énergie atomique, l’autre du diplomate en chef de l’UE Javier Solana.

Ce dernier a été chargé de tenter à nouveau de faire valoir aux Iraniens les avantages politiques et économiques qu’ils retireraient d’une coopération avec les grandes puissances.

M. Solana a indiqué mercredi qu’il entendait voir plusieurs fois le principal négociateur iranien Ali Larijani d’ici mi-novembre, sans donner encore aucune date.

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