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Nouvelles sanctions financières US contre l’Iran

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Reuters, 25 octobre – Les Etats-Unis ont franchi jeudi une nouvelle étape dans les sanctions contre l’Iran en ciblant le corps des Gardiens de la révolution et son unité d’élite, la brigade Al Qods, accusés d’encourager la prolifération nucléaire et de soutenir le terrorisme.

Au total, Washington a décrété des sanctions contre une vingtaine d’entreprises iraniennes, de grandes banques et de particuliers, ainsi que contre le ministère de la Défense, afin que l’Iran mette fin à son programme nucléaire et à ses activités « terroristes ».

« Aujourd’hui, le secrétaire au Trésor Henry Paulson et moi-même annonçons plusieurs nouvelles mesures visant à renchérir le coût pour l’Iran de son comportement irresponsable », a déclaré la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice, qui s’exprimait aux côtés de son collègue.

Mais Rice a déclaré que Washington espérait encore une solution diplomatique à la crise et a exhorté Téhéran à accepter l’offre présentée l’an dernier par les grandes puissances, consistant à ce que l’Iran renonce à ses activités nucléaires sensibles en échange de mesures incitatives de la part des pays occidentaux, dont un dialogue direct avec les Etats-Unis.

« Nous sommes ouverts au débat sur tous les problèmes. Mais si les dirigeants de l’Iran choisissent la voie de la confrontation, les Etats-Unis agiront en collaboration avec la communauté internationale pour contrer ces menaces », a-t-elle prévenu.

Parmi les banques iraniennes concernées, on peut citer la banque Melli, la plus grande du pays, la banque Mellat et la banque Saderat, selon un haut responsable américain.

Ces sanctions interdisent aux banques internationales toute transaction avec ces établissements iraniens.

Les Etats-Unis accusent depuis plusieurs mois la brigade Al Qods d’armer et d’entraîner des activistes anti-américains en Irak.

Téhéran réplique que la déstabilisation de l’Irak est le fait de Washington.

LES FAUCONS SOUHAITENT QUE BUSH AGISSE

Le gouvernement américain envisageait depuis plusieurs mois de sanctionner les Gardiens de la révolution mais des querelles internes sur l’étendue et le calendrier des sanctions ont retardé leur mise en oeuvre.

C’est la première fois que les Etats-Unis adoptent des mesures punitives à l’encontre d’un corps appartenant aux forces armées officielles d’un autre pays.

Les Gardiens de la Révolution, l’arme idéologique du régime islamique au pouvoir depuis la chute du chah en 1979, se sont transformés progressivement en une vaste et puissante armée et beaucoup de « pasdarans » occupent de hautes fonctions au sein de l’appareil d’Etat.

L’évocation d’une action militaire de Washington contre l’Iran s’est faite plus précise ces derniers mois, une idée défendue par certains conservateurs américains qui aimeraient que le président George W. Bush agisse contre ce pays avant de quitter ses fonctions, en janvier 2009.

Rice, tout en soulignant que le président conserve « toutes les options sur la table », a soutenu que la crise pourrait être résoue par voie diplomatique, en exerçant des pressions financières accrues.

« Nous prenons ces mesures maintenant car nous pensons que nous en sommes à un stade où, pour que la diplomatie réussisse, il faut qu’elle soit plus forte.

Il faut accentuer la pression sur le gouvernement iranien », a déclaré le haut responsable américain qui a requis l’anonymat.

Washington, soutenu par Londres et Paris, pousse en faveur de l’adoption d’une troisième résolution de sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies mais Moscou et Pékin, dotés du droit de veto, traînent les pieds, prônant la voie du dialogue pour régler la crise du nucléaire iranien.

Les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux accusent l’Iran de chercher à fabriquer la bombe atomique sous couvert d’un programme nucléaire civil, ce que Téhéran dément.

A Londres, le Foreign Office a déclaré « soutenir les efforts de l’administration américaine pour accentuer les pressions sur le régime iranien ». « Nous sommes prêts à montrer la voie pour une troisième résolution de sanctions et soutenir dans le même temps des sanctions plus fermes de l’Union européenne.

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