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Les Etats-Unis surveillent une société allemande pour sa vente de logiciel en Iran

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Draeger qui s’occupe de technologie de sécurité,  a été accusé d’avoir livré à l’Iran un logiciel pouvant être utilisé à des fins militaires.

En 2003, Draeger, basé à Luebeck dans le nord de l’Allemagne, a reçu une commande de l’Iran de construire un système de surveillance pour un gazoduc. Un logiciel spécial est nécessaire pour faire marcher le système, notamment un programme montrant des valeurs mesurées.

Ce logiciel, qui coûte environ 80.000 euros (123,000 $) est fabriqué par une filiale électronique américaine de General Electric. Parce que « l’utilisation duelle » du logiciel peut servir à des civiles et militaires, des restrictions s’appliquent à l’exportation.

Cependant, le logiciel a été livré à l’Iran sans l’autorisation nécessaire. En septembre, la direction de Draeger a dit aux autorités américaines : « Ce qui est clair pour nous c’est que les deux logiciels exigent un accord pour l’exportation », a dit le porte-parole Draeger Burkhard Dillig.

Jungle régulatrice

« Nous nous sommes rendus compte qu’il a transgressé les règles et c’est pourquoi nous avons informé des autorités des Etats-Unis », a-t-il dit.

Alors qu’il est certainement difficile de se frayer un chemin dans la jungle des règlements sur les exportations en Iran, il apparaît clairement que Draeger savait que le logiciel ne pouvait pas être simplement  livré à l’Iran. La société a écrit une lettre – que Deutsche Welle a lu – au client en lui disant clairement que le système ne pouvait pas être livré avec le logiciel et que ce logiciel devait être acheté et installé en Iran.

Le client avait apparemment pris contacts auparavant avec un fournisseur de logiciel au Moyen-Orient, mais n’avait rien commandé.

A la fin le client, Irasco – une société basée en Italie qui travaille pour le ministère iranien du pétrole  – a exigé un plein essai du produit, y compris du logiciel, avant la livraison.

Draeger a embauché un homme d’affaires autrichien Sasan Azodi pour acheter le logiciel pour le test à Luebeck. Azodi, qui est né en Iran et qui s’occupe de contrats intermédiaires entre des sociétés iraniennes et européennes, avait aidé Draeger à obtenir le contrat en premier lieu.

Azodi reconnaît qu’il a pris des dispositions pour la livraison du logiciel, via les USA, à Luebeck, mais affirme qu’il l’a seulement envoyé à des fins d’essai. En apprenant que le logiciel avait été livré en Iran, Azodi a dit, « c’est quand je me suis rendu compte que j’avais probablement été dupé ».

Bataille légale en cours

Cette prise de conscience a été le début d’une bataille légale, d’une part pour l’argent dont il dit qu’on lui doit toujours, et de l’autre, pour essayer de prouver son innocence sur les accusations de violations d’embargo commercial américain.

Il prétend que son affaire a souffert de son infraction supposée des règles américaines. Mais comme signe de son innocence, il indique le fait que le procès qu’il a intenté contre Draeger aux EU a précédé l’aveu de la société aux autorités américaines de six mois.

Des "déficits organisationnels" responsables ?

Le résultat de son procès a été destructif, a dit Azodi. « Aucun de mes associés ne voulaient plus avoir affaire à moi. Et il y avait des menaces : si jamais je vais en Iran, je pourrais avoir des ennuis légaux. Voilà les conséquences de mon procès américain », a-t-il dit.

Ses procès en cours – aux USA et en Europe – sont à ses yeux une bataille pour sa réputation.

Pour sa part, Draeger prétend qu’il n’a pas dupé Azodi dans la livraison du logiciel, il n’a pas non plus sciemment violé la règlementation américaine en matière d’exportation. Le porte-parole de la firme fait porter la responsabilité à des “déficits organisationnels” de la société pour les problèmes de règlementations.

"Nous les avons immédiatement examinés et les avons changés“, a-t-il dit.

Des contrôleurs de la règlementation américaine doivent encore faire une déclaration sur cette affaire. Si des sanctions venaient à s’appliquer, ce serait un coup dur pour Draeger ; un cinquième du volume annuel de 1,8 milliards d’euros de  ses ventes annuel de 1.8 milliards viennent des EU.

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