IranNucléaireIran: L'Occident somme l'Iran de s'expliquer sur le nucléaire

Iran: L’Occident somme l’Iran de s’expliquer sur le nucléaire

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Reuters: Par Matt Spetalnick et Mark Heinrich – Adressant une ferme mise en garde à Téhéran à la fin du sommet du G20 de Pittsburgh, le président américain s’est ostensiblement refusé à écarter l’option militaire tout en soulignant préférer régler ce différend par la diplomatie.

En début de journée, le président Obama avait, dans une déclaration commune avec son homologue français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique Gordon Brown, condamné la construction clandestine par l’Iran d’un deuxième site d’enrichissement de l’uranium, près de la ville sainte de Qom.

"La communauté internationale a parlé. C’est maintenant à l’Iran de répondre", a insisté Barack Obama.

L’existence de ce nouveau site accentue l’importance des discussions qui auront lieu jeudi prochain à Genève entre Téhéran et les représentants des six puissances engagées dans les négociations sur le nucléaire iranien (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l’Allemagne).

Le chef de la Maison blanche a exhorté les dirigeants iraniens à faire la preuve de leur bonne volonté à cette occasion. Le président russe Dmitri Medvedev, montrant certains signes d’impatience à l’égard de Téhéran, a également souligné qu’en cas de non-coopération le 1er octobre, d’autres méthodes devraient être envisagées sur ce dossier.

L’Iran maintient que son programme nucléaire est à usage civil, quand les Occidentaux le soupçonnent de vouloir se doter de l’arme atomique.

UN SITE SOUTERRAIN

Lors d’une conférence de presse en marge de l’assemblée générale de l’Onu, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a prévenu Washington, Paris et Londres qu’ils "regretteraient" leur déclaration.

Il a ajouté que le site n’avait rien de secret et qu’il avait informé l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de son existence alors qu’il ne sera pas en service avant dix-huit mois.

Téhéran n’a reconnu que lundi l’existence de ce second site, dont il n’avait jamais été question jusqu’à présent, dans une lettre au directeur de l’AIEA, l’Egyptien Mohamed ElBaradeï.

On estimait jusqu’alors que la République islamique ne possédait qu’un seul site d’enrichissement, à Natanz, qui est ouvert à la surveillance quotidienne des inspecteurs de l’AIEA.

De source française, on déclare que les révélations iraniennes interviennent au moment où Paris, Washington et Londres, qui ont uni leurs efforts dans cette affaire, s’apprêtaient à remettre un rapport à l’AIEA sur ce site dont leurs services secrets avaient appris l’existence depuis "un certain temps". Construit sous une montagne, il pouvait échapper à une surveillance par satellite, a-t-on ajouté.

"Ne laissons pas les dirigeants iraniens gagner du temps pendant que les centrifugeuses tournent", a déclaré Nicolas Sarkozy, évoquant la ville de Qom, au sud-ouest de Téhéran, comme localisation de la seconde usine.

Il a démenti tout désaccord entre Paris et Washington sur la nécessité de décider de sanctions avant la fin de l’année si aucun progrès n’intervient dans les discussions.

"AUCUN PROBLÈME AVEC UNE INSPECTION"

Gordon Brown, lui, a estimé que les "dissimulations" de la République islamique devraient inciter la communauté internationale à se montrer plus ferme encore à son encontre.

L’Allemagne et l’Italie ont apporté leur soutien aux trois pays, la chancelière Angela Merkel faisant part de "l’inquiétude" de Berlin face à ce nouveau développement. La Chine a appelé l’Iran à coopérer avec l’agence basée à Vienne.

L’agence onusienne a demandé à l’Iran d’autoriser l’accès immédiat à ses inspecteurs sur le site pour s’assurer que les mesures garantissant la non-prolifération nucléaire sont respectées. "Nous n’avons aucun problème avec une inspection de ce complexe", a déclaré le président Ahmadinejad.

En son temps, le site de Natanz avait lui aussi été passé sous silence par les autorités iraniennes. Son existence avait été dévoilée par un groupe d’opposants en exil, le Conseil national de la résistance, durant l’été 2002.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a déjà imposé des sanctions à l’Iran pour la contraindre à stopper ses activités d’enrichissement de l’uranium.

Bien que non dépourvue de risques, l’hypothèse d’une action militaire d’Israël pour s’opposer au programme nucléaire iranien est prise au sérieux par de nombreux experts.

Mahmoud Ahmadinejad a estimé que les Israéliens n’oseraient pas attaquer l’Iran, qui a selon lui les moyens de se défendre.

Le chef du Pentagone, Robert Gates, a estimé qu’une action militaire ne pourrait "rien permettre de plus que de gagner du temps, une, deux ou trois années, selon les estimations".

"La seule façon d’avoir un Iran sans (arme) nucléaire, c’est que le gouvernement iranien le décide en comprenant qu’il serait moins en sécurité s’il avait ces armes", a-t-il dit sur CNN.

Avec Yann Le Guernigou à Pittsburgh et le service France à Paris, version française Henri-Pierre André, Marc Delteil, Clément Dossin et Jean-Stéphane Brosse

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