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Les discussions sur le nucléaire iranien reprennent sur une note pessimiste

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ISTANBUL, 14 avr 2012 (AFP) – Les discussions entre l’Iran et les grandes puissances qui visent à apaiser les tensions sur le programme nucléaire iranien controversé ont commencé samedi à Istanbul, sur une note pessimiste.

« Ces négociations seront dignes du peuple iranien », a cependant déclaré à la presse, juste avant l’ouverture des travaux, le négociateur en chef iranien Saïd Jalili.

Des délégués à ces pourparlers entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU plus l’Allemagne, ou groupe des 5+1, estiment que le résultat le plus ambitieux à en attendre sera la décision de se retrouver pour des discussions plus approfondies dans un laps de temps raisonnable.

« La réponse la plus récente donnée par l’Iran est qu’il est prêt à s’asseoir à une table et à parler nucléaire. Pour nous, ces pourparlers permettront de vérifier si c’est le cas », a déclaré un diplomate, membre d’une des délégations.

« Nous n’attendons rien de très précis… mais on va parler de la possibilité de se retrouver d’ici à quatre ou six semaines, si possible », a-t-il ajouté.

« Ce que l’Iran attend du groupe des 5+1, c’est au minimum qu’il nous fasse confiance en annulant toutes les résolutions illégales (de l’ONU) et toutes les sanctions (qui visent l’Iran), en tant que première mesure », déclare pour sa part samedi le journal iranien Kayan, proche du pouvoir.

Les pays occidentaux, qui soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire, s’inquiètent de la capacité acquise par ce pays d’enrichir l’uranium, pour une utilisation civile, mais aussi éventuellement militaire.

Ils s’intéressent notamment à l’usine de Fordo, près de la ville sainte de Qom, qui produit de l’uranium enrichi à 20 %, mais pourrait pousser cet enrichissement au niveau de 90 % requis pour une arme nucléaire.

Pour la deuxième fois pays hôte des pourparlers après une rencontre infructueuse il y a 15 mois dans la même ville d’Istanbul, la Turquie est plus optimiste que les deux parties en présence.

« Nous aurons de bonnes nouvelles à la fin de la rencontre », a assuré vendredi soir le ministre turc des affaires étrangères Ahmet Davutoglu, après un entretien avec le négociateur en chef iranien Saïd Jalili.

Et ce même si les signaux envoyés avant l’ouverture des travaux ont été plutôt négatifs.

L’Iran a jugé « décevante » l’attitude des Occidentaux, et les Etats-Unis ont haussé le ton, demandant à Téhéran de faire preuve de « sérieux ».

La position occidentale « ne permet pas d’y voir des points permettant d’espérer » avancer dans ces discussions, a ainsi déclaré vendredi à l’AFP une source proche de la délégation iranienne, qualifiant l’attitude des Occidentaux de « décourageante et décevante ».

« Nous souhaitons un environnement favorable dans lequel le gouvernement iranien puisse faire preuve de son sérieux et de sa volonté de poursuivre des négociations sérieuses », a rétorqué le conseiller adjoint à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Ben Rhodes.

Téhéran a été condamné par six résolutions de l’ONU dont quatre assorties de sanctions. Celles-ci ont été renforcées depuis 2010 par un embargo commercial, financier et pétrolier des Etats-Unis et de l’Union européenne.

Les pays de l’UE ont en outre décidé en janvier d’imposer un embargo pétrolier graduel sans précédent à l’Iran, qui aura son plein effet au 1er juillet, et les Etats-Unis ont ouvert la voie à de nouvelles sanctions pour la fin juin visant les exportations iraniennes de brut, en déterminant que le marché pétrolier mondial pourrait à cette période supporter ces mesures.

L’Iran demande la levée des sanctions internationales et européennes et considère l’enrichissement d’uranium comme un « droit » incontestable.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a ainsi annoncé jeudi que son pays ne bougerait « pas d’un iota sur ses droits nucléaires inaliénables ».

Peu après l’ouverture de ces pourparlers, la délégation iranienne a déclaré à la presse qu’il y aurait une réunion dans la matinée, puis un déjeuner, et une réunion l’après-midi.

 

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