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Iran: malgré les travaux, la citadelle de Bam ne sera « jamais comme avant »

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BAM, 25 décembre 2013 (AFP) – Par Cyril JULIEN –  La citadelle de Bam, joyau du patrimoine iranien rasé par un séisme en 2003, renaît peu à peu mais « ne pourra jamais être reconstruite à l’identique », prévient le directeur des travaux, à quelques jours du 10e anniversaire de la catastrophe.

Situé à un millier de kilomètres au sud-est de Téhéran, ce chef d’oeuvre de l’art pré-islamique était le plus vaste monument au monde en pisé (un mélange de terre argileuse et de paille) et remontait à 3.000 avant notre ère. Mais le site, l’un des plus grandioses d’Iran a été réduit en poussière le 26 décembre 2003 par une secousse de 6,3 sur l’échelle de Richter.

Dix ans plus tard, seule une partie de l’édifice a été reconstruite et les échafaudages sont encore nombreux sur le chantier, parsemés d’étais de bois soutenant les constructions fragilisées. Si des tours de guet ont été refaites à l’identique, il reste des trous béants sur le long du mur d’enceinte.

« Notre base, ce n’est pas refaire la citadelle comme avant le séisme. On ne pourra jamais la reconstruire à l’identique », explique à l’AFP Afshin Ebrahimi, responsable local des travaux pour l’Organisation iranienne de l’héritage culturel.

« Ce séisme, c’est aussi une partie de l’histoire de cette région, autant que l’architecture », ajoute-t-il. « Certaines parties seront reconstruites ou réparées, d’autres seront préservées, conservées en l’état ».

A une centaine de mètres de l’entrée du site, deux rangées d’arches montrent aux visiteurs d’un côté l’architecture originale, de l’autre les parties rénovées.

Environ 130 personnes travaillent chaque jour à Bam, avec une vingtaine d’experts iraniens et des délégations de spécialistes venus du Japon, de France, d’Italie ou d’Allemagne. Les Japonais, qui ont contribué à hauteur de 500.000 dollars à travers l’Unesco, ont notamment fourni les engins de déblaiement et des outils spécialisés pour la restauration. « Nous sommes les mieux équipés du monde », salue M. Ebrahimi.

‘Les touristes peuvent revenir’

Les spécialistes nippons travaillent désormais sur une carte de la citadelle en trois dimensions. Français et Italiens ont étudié la fabrication de briques de boue séchée et de ciment plus résistants aux secousses telluriques.

Pourtant, « les travaux ne seront jamais terminés », dit M. Ebrahimi. « Nous faisons de la préservation, et si la pluie tombe sur un mur en pisé, il faut le refaire ».

Les travaux ont également un effet psychologique sur la population de Bam, traumatisée après le séisme qui a fait entre 26.000 et 32.000 morts, selon les estimations. « Voir la citadelle renaître, cela a un effet apaisant. C’est un projet très spécial, très émotionnel. Ce n’est pas juste un atelier de rénovation », souligne le responsable.

La renaissance de la citadelle aura aussi un effet sur les touristes qui, espère-t-il, resteront plus longtemps à Bam pour y voir les 150 autres sites historiques, souvent restés dans l’ombre, qui ont eux aussi été restaurés.

Le gouverneur de la ville, Hossein Zainol Salehi, dit à l’AFP être « satisfait » de l’avancée des travaux, qui « devaient être faits d’une manière prudente et appropriée ».

En juin, l’Unesco a retiré la citadelle de la liste des sites en périls, estimant que l’édifice « avait été suffisamment stabilisé » et qu’il était « désormais sain ».

« C’est une grande gloire pour Bam », dit le gouverneur car cela montre que « les bonnes mesures ont été prises pour reconstruire la citadelle ».

« Les touristes peuvent revenir », assure M. Salehi, qui souhaite intégrer la citadelle dans un vaste programme touristique et culturel.

Akbar Panjalizadeh, propriétaire d’une pension entièrement détruite par le séisme, assure également qu’on « ne pourra plus jamais voir la citadelle comme avant ».

 

Mais il pense à l’avenir, et aux touristes qui reviennent peu à peu. Il a reconstruit et s’est agrandi pour offrir 15 chambres. Il accueille « environ 10 personnes par semaine, contre 20 par jour avant le séisme ». Son rêve désormais est de « voir 10 ou 15 bus de touristes garés devant la citadelle ».

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