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En Iran, amour et mariage parfois ne font pas bon ménage

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TÉHÉRAN, 26 août 2014 (AFP) – Par Arthur MACMILLAN – Mahnaz a divorcé après s’être mariée trop tôt, le résultat selon elle de la pression d’une société iranienne conservatrice qui favorise le mariage mais qui oublie l’essentiel: l’amour.

Son cas est loin d’être isolé en Iran, où le taux de divorce a atteint un record (21%) l’année dernière. Le phénomène est encore plus important dans les grandes villes. A Téhéran, près d’un couple sur trois se sépare.

C’est pourtant la seule relation à long terme acceptable pour la société, alors que la loi interdit les contacts physiques entre personnes de sexe opposé avant le mariage.

A 21 ans, « j’étais beaucoup trop jeune, je ne savais pas ce que je faisais », explique Mahnaz, avouant avoir eu « un mauvais pressentiment » dès la première rencontre avec sa future belle-famille.

Elle regrette l’échec de son mariage après sept ans de vie commune, même si elle n’en veut pas à ses parents, qui ont largement poussé à son union.

Pour les jeunes Iraniens, trouver l’âme soeur n’est pas plus difficile qu’ailleurs: dans les cafés, les boutiques, les cinémas, les restaurants ou dans des fêtes.

Un récent rapport du Centre de recherche du Parlement pointe que 80% des lycéennes ont un petit ami et « même des contacts sexuels ».

Mais la voie du mariage est plus complexe, avec une forte implication des familles. La tradition du « khastageri », quand les familles règlent elles-mêmes les détails du mariage et de la vie en couple des futurs époux, reste courante dans les cercles conservateurs. Mais il y a des signes de changement, notamment grâce à internet et aux réseaux sociaux.

Ferehsteh, 28 ans, a ainsi connu Amir sur Facebook en 2012. « Un an après notre rencontre, mes parents m’ont demandé si j’allais l’épouser », explique-t-elle, avouant que « parfois, je me dis que je pense plus à eux qu’à moi ».

– ‘Le mariage, pas pour moi’ –

Mais alors que l’âge moyen du mariage est de 22 ans pour une femme, Ferehsteh n’est pas encore prête.

« J’ai encore besoin de temps pour être sûre, il y a tellement d’autres choses que je veux faire dans ma vie », explique-t-elle.

La crise économique, provoquée par les sanctions occidentales drastiques sur le pétrole et le secteur bancaire iranien ainsi que la mauvaise gestion des deniers publics, empêche aussi certains couples de sauter le pas. Car le mariage a un coût financier important.

Il « peut être vraiment très cher, c’est ridicule », souligne Amir, en faisant référence au douaire (« mehrieh » en persan), une somme payée par le futur mari par tradition en pièces d’or et assignée à la mariée si elle lui survit.

Certains décident même de résister à la pression sociale.

« Le mariage, ce n’est pas pour moi », affirme Mina. Agée de 32 ans, elle est depuis neuf ans en couple avec Pedram. Chacun a son propre appartement, même si l’un va régulièrement chez l’autre, une pratique de plus en plus courante malgré les risques de dénonciations des voisins ou du propriétaire.

« En Iran, les limites de notre liberté sont ces quatre murs », dit Mina, qui ne veut pas d’enfant.

Dans son rapport, le Centre de recherche du Parlement conclut que « le meilleur moyen de résoudre les questions de sexe chez les jeunes » et les « maux sexuels » des relations illicites est de faciliter les mariages temporaires. Spécifique à l’islam chiite, ce contrat est valable de quelques heures à plusieurs mois.

« Nous devrions lutter contre la propagande qui vise à promouvoir les contacts sexuels libres et montrer à la société les avantages du mariage temporaire », écrit le rapporteur.

Pour Mahnaz, le mal est plus profond avec la séparation des sexes dès l’école primaire et l’impossibilité de vivre ensemble avant le mariage.

« C’est malsain de séparer les filles et les garçons si longtemps, dit-elle. Si je peux vivre avec quelqu’un pendant un certain temps, je le ferai ».

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