NewsResistanceLes manifestations s'étendent à 107 villes en Iran

Les manifestations s’étendent à 107 villes en Iran

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Les manifestations s'étendent à 107 villes en Iran

Lundi le soulèvement de la population s’est poursuivi en Iran. Malgré les menaces de Khamenei et du chef de l’appareil judiciaire, de multiples villes ont été le théâtre de manifestations et d’affrontements avec les forces répressives. 61 tués ont été répertoriés dans 10 villes, mais le nombre réel est plus élevé.

Des affrontements et des accrochages ont eu lieu dans la plupart des secteurs de Chahriar, au sud de Téhéran, notamment à Khadem Abad, Chehed-Chahr, Nassir-Abad et Assad-Abad. Pour réprimer le soulèvement à Chahriar, le régime a envoyé des unités des forces spéciales anti-émeutes, NOPO (Garde spéciale du guide suprême), mais la population s’est défendue à coups de pierres. Plusieurs banques du pouvoir ont été brûlées, y compris les banques Maskan, Kowthar et Mellat.

A Islamchahr, au sud de Téhéran, une base de la milice du Bassidj et un poste des forces de sécurité dans la rue Khomeiny ont été incendiés par les jeunes.

Dans la cité Andicheh de Téhéran, les jeunes ont profité de la nuit pour attaquer les forces répressives et leur ont fait prendre la fuite, avant de bloquer les routes.

A Chiraz, les stations-services ont été réduites en cendres. Les étudiants ont fait brûler des pneus dans les universités pour empêcher la charge des agents. Les jeunes ont résisté avec vaillance aux meutes de pasdaran et d’agents en civil. Ils ont brûlé plusieurs banques et allumé des feux dans les rues.

A Kermanchah, les jeunes ont bloqué toutes les rues, rendant impossible la circulation dans la ville. Les forces répressives ont ouvert le feu sur la foule pour la disperser, tuant plusieurs manifestants.

Des affrontements violents se sont poursuivis à Gorgan (nord du pays) et à Kazeroun (sud de l’Iran) entre la population et les forces répressives. Les jeunes se sont défendus à coups de pierre contre la charge des agents. Ils ont bloqué plusieurs routes en y formant des rassemblements.

Les manifestations et les protestations populaires se sont développées à Téhéran, Karadj, Chiraz, Ispahan et d’autres villes d’Iran pour la quatrième journée consécutive. Les forces du régime iranien sont visiblement sous tension et incapable de faire face à la montée de l’insurrection dans les centres urbains, comme à Karadj. Les autorités ont déployé contre la population iranienne locale des forces proxies afghanes appelées les Fatemiyoun, formées pour mener la guerre par procuration du régime en Syrie.

Le président du régime, Hassan Rohani, assistant à la désintégration annoncée du contrôle du pouvoir, a tenté de remonter le moral en berne des forces répressives, en déclarant avec cynisme : « J’ai vu beaucoup de films de ces [manifestations]. On sait combien il y en a … pas beaucoup. »

D’importantes manifestations et des affrontements majeurs ont éclaté à Karadj dimanche après-midi pour se prolonger jusque vers 4h du matin lundi. Ces trois derniers jours, les manifestants ont incendié quelque 50 banques du pouvoir, de nombreux centres de répression, véhicules de sécurité et bureaux du régime comme celui de l’organisation du développement islamique et la base de la milice du Bassidj dans le quartier des négociants en métal du bazar de la ville.

La plus grande partie de la ville est hors du contrôle des forces de sécurité et aux mains des insurgés. Les gens ont bloqué les routes et les passages menant à la zone insurgée. De jeunes manifestants ont formé des obstacles avec des poteaux électriques et des éclairages publics dans la plupart des rues. Tous les magasins sont fermés et des stations-service ne fonctionnent pas.

Dans la grande ville du sud du pays, Chiraz, les jeunes insurgés ont incendié la plupart des banques du pouvoir symbolisant ce régime pilleur des biens de la population et ont pris d’assaut les chaines de supermarchés appartenant aux pasdarans. Des commissariats de police sont tombés aux mains de la population. Les forces de sécurité ont ouvert le feu sans discrimination sur la foule, tuant des manifestants. Les hélicoptères du régime quadrillent le ciel de la ville pour localiser les insurgés et coordonner la répression.

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