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L’AIEA demande plus d’informations à l’Iran sur son programme nucléaire

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"L’Iran détient plus d’informations qu’il ne nous en fournit", a commenté une source proche de l’AIEA. "L’Iran doit encore fournir des explications substantielles", a ajouté cet officiel, laissant filtrer la frustration des équipes d’enquêteurs internationaux. Il a souligné qu’en l’absence de transparence de la part de l’Iran, l’AIEA "n’a peut-être qu’une vision partielle" de l’ensemble des travaux nucléaires, faisant ainsi allusion à une possible dimension restée clandestine.

SITE DE TESTS

Depuis février, l’AIEA enquête au cœur des questions les plus sensibles du programme nucléaire iranien, celles liées à une possible militarisation : des études soupçonnées de recouvrir la mise au point d’un site de tests nucléaires et la fabrication d’une tête de missile capable d’accueillir une charge nucléaire. L’Iran avait refusé de se pencher sur ces questions dans son dialogue avec l’Agence, avant de se raviser le 21 avril. Mais ses réponses ont été incomplètes, selon l’AIEA.

Le rapport, d’une tonalité assez sévère, insiste sur la nécessité pour l’Iran de tirer au clair les liens entre des institutions militaires et le secteur nucléaire. Des sociétés rattachées au ministère iranien de la défense ont produit des équipements pour le programme nucléaire, notamment des composantes de centrifugeuses, et auraient pris part à des efforts d’acquisition de matériel nucléaire à l’étranger. L’AIEA a ainsi demandé en vain des éclaircissements à propos des voyages effectués entre 1998 et 2001 à l’étranger par un homme clé du programme iranien, Mohsen Fakrizadeh.

Le rapport met aussi en évidence le rôle du Pakistan. L’AIEA a eu la confirmation qu’un document sur le moulage d’uranium-métal en forme hémisphérique, susceptible de correspondre à une tête de missile, provenait des réseaux pakistanais du marché noir nucléaire.

L’Iran continue d’affirmer que certains des documents que lui a soumis l’AIEA sont des "falsifications", mais il a néanmoins accepté le processus de l’enquête, qui pourrait s’étirer encore sur des mois, dit l’officiel proche de l’Agence. Entre-temps, défiant les demandes de l’ONU, l’Iran continue d’enrichir de l’uranium. Quelque 3 500 centrifugeuses tournent désormais sur le site de Natanz.

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