Dans son premier rapport, la nouvelle Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits de l’homme en Iran a souligné l’augmentation du nombre d’exécutions en Iran, le manque de transparence des informations sur les exécutions et les détenus, la répression continue des manifestants et la discrimination à l’égard des minorités, autant de violations répétées des droits humains dans le pays.
Le mardi 18 mars, Mai Sato a présenté ces conclusions dans son premier rapport sur la situation des droits humains en Iran lors de la 58e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.
Le 12 mars, elle a également évoqué le nombre élevé d’exécutions de femmes en Iran et exprimé de vives inquiétudes quant au recours à la peine de mort par le gouvernement, affirmant que le nombre d’exécutions en Iran avait « considérablement augmenté ».
Dans son allocution, Mme Sato a déclaré qu’en 2024, la vague d’exécutions en Iran avait atteint son plus haut niveau depuis 2015, ce qui laisse craindre que si cette tendance se poursuit, le nombre d’exécutions dans le pays pourrait dépasser « mille par an ».
Elle a souligné dans son rapport que ces chiffres ne reflètent que les exécutions pour lesquelles des informations sont disponibles, ce qui signifie que le régime iranien ne fournit pas de statistiques transparentes sur cette question et que le nombre exact d’exécutions reste inconnu.
Sato s’est adressée aux autorités iraniennes, affirmant que ces données devaient être divulguées en toute transparence.
Dans son rapport, Sato a souligné la discrimination à l’encontre des bahaïs, des musulmans sunnites, des convertis au christianisme, des minorités ethniques et les mauvais traitements infligés aux femmes, précisant qu’au moins 13 femmes ont été exécutées en Iran en 2024.
Évoquant les militantes Varisheh Moradi, Sharifeh Mohammadi et Pakhshan Azizi, condamnées à mort en Iran, elle a également abordé les questions du mariage forcé, du mariage d’enfants et du taux élevé de féminicides dans le pays.
La Rapporteuse spéciale des Nations Unies a également souligné les lacunes juridiques en Iran concernant les droits des femmes, notamment le fait qu’en vertu des lois actuelles du régime iranien, le témoignage d’une femme n’est considéré que comme la moitié de celui d’un homme.
Sato a finalement souligné que malgré cette répression, le peuple iranien poursuivait sa « résistance ».
Réactions au rapport de l’ONU
Sara Hossein, présidente de la Commission d’établissement des faits du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, a également pris la parole lors de la session, évoquant le harcèlement et les mauvais traitements infligés aux prisonniers en Iran, notamment en raison de leur sexe, et a qualifié ces actes de « crimes contre l’humanité ».
Elle a critiqué le régime iranien pour son recours à une « violence disproportionnée » et à une « répression généralisée » contre les manifestations, et a exprimé son inquiétude face à l’utilisation croissante de la technologie de reconnaissance faciale pour faire respecter les lois sur le port obligatoire du hijab.
Hossein a déclaré qu’en Iran, les femmes continuent d’être arrêtées violemment, de se voir confisquer leurs véhicules et d’être condamnées à des peines de prison.
À la suite de ces deux interventions, Ali Bahreini, représentant permanent de l’Iran auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, a qualifié le rapport de « ridicule et insultant ».
Les remarques de Bahreïn étaient si dures que le président de la séance a demandé aux États membres d’utiliser un langage approprié à la dignité de la réunion et à sa mission lorsqu’ils se réfèrent aux autres États membres.

