Avant les négociations nucléaires entre le régime iranien et les États-Unis qui se tiendront samedi 12 avril à Oman, l’Institut pour la science et la sécurité internationale, basé à Washington, a averti dans un rapport que le programme nucléaire iranien avait atteint un stade « extrêmement dangereux » et pourrait à tout moment prendre des dimensions militaires et militaires.
L’Institut a publié son rapport détaillé et alarmant intitulé « Le compteur Geiger de la menace iranienne : un danger extrême grandit ». Un compteur Geiger est un appareil utilisé pour détecter et mesurer les niveaux de radiations radioactives. Lorsqu’un rayonnement est détecté, l’appareil commence à compter et à émettre des bips, plus rapides et plus forts à mesure que le niveau de radiation et le danger augmentent.
Le rapport indique : « Depuis février 2024, date de la dernière édition du compteur Geiger, la menace posée par le programme nucléaire iranien s’est considérablement aggravée. Parmi les principaux facteurs négatifs figurent les capacités nucléaires accrues de l’Iran, ses délais de fabrication plus courts et la normalisation croissante des discussions internes iraniennes en faveur de la fabrication d’armes nucléaires.»
Selon l’Institut : « La possibilité que l’Iran décide de se doter d’armes nucléaires a été accrue par les conflits militaires en cours au Moyen-Orient, opposant l’Iran et ses forces mandataires à Israël et à ses alliés, un conflit que l’Iran est en train de perdre. L’instabilité de la situation sécuritaire s’accompagne désormais de la perception, voire de la réalité, que l’Iran se prépare à fabriquer des armes nucléaires. »
Le rapport indique : « L’incertitude est aggravée par le refus de l’Iran de coopérer avec l’AIEA, qui tente d’établir le caractère pacifique de son programme nucléaire. L’Iran produisant des milliers de centrifugeuses sophistiquées hors du contrôle de l’AIEA, comme en témoignent les déploiements sur des sites d’enrichissement déclarés, le risque que l’Iran construise ou mette en place une usine d’enrichissement secrète s’accroît. À mesure que l’incertitude grandit, cet événement, ou un événement cygne noir, pourrait se produire. Cette incertitude pourrait également alimenter des discours exagérant la menace, exacerbant encore les tensions.»
Le terme « événement cygne noir » désigne des événements rares et imprévisibles ayant un impact massif et perturbateur.
L’Institut ajoute : « Les conflits en cours ont accru l’urgence d’éliminer la menace nucléaire iranienne, que ce soit par de nouvelles négociations, une pression accrue et des menaces de recours à la force militaire, ou par la force militaire elle-même. Mais aucune voie claire n’a émergé, et le succès de toute voie n’est garanti. À tout moment, les dirigeants iraniens pourraient lancer un programme secret d’urgence visant à fabriquer des armes nucléaires. »
L’Institut a averti qu’à tout moment, les dirigeants du régime iranien pourraient lancer un programme secret et accéléré de développement d’armes nucléaires.
L’Institut a qualifié ces développements de « graves et préoccupants », portant le score global de menace de 151 en février 2024 à 157 sur 180.
C’est la deuxième fois consécutive que l’Institut qualifie le niveau de menace de « danger extrême ».
L’Institut a calculé ce score en se basant sur plusieurs facteurs : les actions hostiles du régime iranien (score actuel : 20), la rhétorique hostile (29), le court délai nécessaire à l’acquisition de l’arme nucléaire (30), les progrès dans le développement de capacités nucléaires sensibles (27), le manque de transparence du programme nucléaire (24) et les efforts de militarisation allant au-delà du simple dépassement des limites (27). Le score total a augmenté depuis février 2024 et se maintient au niveau de « danger extrême ».

