Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), est arrivé à Téhéran mercredi soir.
Avant son voyage, M. Grossi a déclaré que l’AIEA ne participait pas aux discussions bilatérales entre Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères du régime iranien, et Enrique Mora, coordinateur de l’UE pour les négociations nucléaires, mais qu’elle n’y était pas non plus indifférente.
M. Grossi a ajouté qu’ils étaient bien conscients que l’AIEA devait donner son avis sur tout accord potentiel, car elle serait chargée de sa vérification.
Avant son voyage en Iran, M. Grossi a exprimé sa volonté de voir l’AIEA s’impliquer dans les négociations nucléaires entre les États-Unis et le régime iranien, dans une interview au journal français Le Monde.
Grossi a déclaré que l’AIEA avait déjà entamé des échanges informels avec les parties aux négociations et a ajouté qu’une fois le texte au contenu concret disponible, l’agence serait invitée à donner son avis sur les procédures et l’étendue des inspections menées.
Grossi a souligné que sans la présence de l’AIEA, tout accord concernant l’Iran n’est qu’un bout de papier… Pour qu’un tel accord soit significatif, il doit exister des systèmes crédibles et des mécanismes de surveillance solides, que seule l’AIEA peut fournir.
Concernant la capacité nucléaire du régime iranien, Grossi a déclaré que, bien que le régime possède suffisamment de matières premières pour produire non pas une, mais plusieurs bombes nucléaires, il ne possède pas encore l’arme nucléaire. Il a comparé la situation à un puzzle : ils ont les pièces, et ils pourront peut-être être un jour les assembleurs.
Il a souligné que si le régime iranien est encore loin de se doter de l’arme nucléaire, il faut reconnaître qu’il n’en est pas très loin non plus.
Selon Grossi, au cours des quatre dernières années, le régime iranien a considérablement accéléré son processus d’enrichissement d’uranium, tandis que, dans le même temps, l’intervention de l’AIEA a diminué.
Il a déclaré que, pour la communauté internationale, il ne suffit pas que Téhéran affirme simplement : « Nous ne possédons pas d’arme nucléaire » ; pour que le monde le croie, l’AIEA doit être en mesure de vérifier cette affirmation.

