Selon les familles des deux citoyens français détenus en Iran, les autorités du régime ont transféré Cécile Kohler et Jacques Paris, survivants des explosions survenues lors des frappes aériennes israéliennes sur la prison d’Evin le 24 juin, vers des lieux tenus secrets.
Le couple français a été arrêté en avril 2022 lors d’un séjour touristique en Iran et est maintenu en détention depuis. Selon leurs familles, une seule visite consulaire a eu lieu depuis la frappe aérienne israélienne sur la prison d’Evin, le 2 juillet, au cours de laquelle leur survie a été confirmée.
Les ressortissants français étaient détenus dans le quartier 209 de la prison d’Evin, géré par le ministère iranien du Renseignement. Ce quartier échappe à tout contrôle judiciaire officiel, et Human Rights Watch l’a décrit comme une « prison dans la prison », où les détenus sont soumis à un isolement prolongé, à l’interdiction d’accès à un avocat et à des interrogatoires musclés – une situation assimilable à de la torture.
Les responsables du régime iranien ont récemment porté de lourdes accusations contre les deux ressortissants français, notamment « espionnage pour Israël », « complot en vue de renverser l’État » et « corruption sur Terre », autant de crimes passibles de la peine de mort en vertu du droit iranien.
Lors de son dernier contact direct, le 28 mai, Cécile a indiqué à sa famille que le juge chargé de leur affaire avait prévenu qu’un verdict « très sévère » serait bientôt rendu à leur encontre.
Après plus de trois ans de détention inhumaine et après avoir survécu de justesse aux récentes attaques, les autorités iraniennes continuent de soumettre le couple à la torture psychologique en portant désormais des accusations pouvant conduire à l’exécution.
La France a condamné les accusations portées contre ses deux ressortissants, les qualifiant de « sans fondement et politiques », et a exigé leur libération immédiate. Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a qualifié ces accusations d’« inappropriées et infondées ».
Cécile Kohler, enseignante, et son compagnon Jacques Paris sont les derniers citoyens français connus encore détenus par le régime iranien. Le président français Emmanuel Macron les a qualifiés d’« otages d’État ».
La France et d’autres pays de l’Union européenne accusent le régime iranien de prendre systématiquement en otage des ressortissants étrangers afin d’exercer une pression politique sur les gouvernements occidentaux.
Les responsables du régime nient ces accusations, affirmant que les arrestations respectent les procédures légales et rejetant les allégations de mauvais traitements infligés aux prisonniers.

