Un groupe de prisonniers politiques participant à la campagne « Mardis non à l’exécution » à la prison de Ghezel Hesar a alerté, dans une lettre, sur le danger imminent qui menace la vie d’Ehsan Faridi, étudiant de 22 ans et prisonnier politique condamné à mort.
La lettre affirme que Faridi est « une victime de plus de la brutalité du régime, qui s’est intensifiée après la guerre des douze jours ».
Les signataires qualifient l’arrestation de Faridi d’« illégale », son procès d’« inéquitable » et son audience d’appel de purement « formaliste », soulignant que sa vie est en grand danger.
Ces prisonniers décrivent la confirmation de la condamnation à mort de Faridi comme un « signal d’alarme » pour tous les militants des droits humains et les exhortent, face à la situation, à organiser une « action d’envergure » pour « sauver la vie de cet innocent » et des autres condamnés à mort.
Mahmoud Behzadi-Rad, l’avocat de Faridi, a déclaré le 22 octobre avoir déposé une demande de réexamen le 14 octobre. Celle-ci, transmise au tribunal le 15 octobre, a été rejetée à 12h50.
L’avocat a ajouté : « Ils n’ont probablement même pas lu ma demande de réexamen de huit pages. Je soupçonne qu’ils classent de nombreux dossiers sans y prêter attention en fin de mois afin de gonfler les statistiques et ainsi verser des primes au personnel de ce tribunal.»
Dans la suite de leur lettre, les détenus de la campagne « Non aux Mardis de la peine de mort » ont insisté sur la nécessité de faire entendre la voix des condamnés à mort : « Nous devons tous être la voix des sans-voix et poursuivre nos efforts jusqu’à ce que cette peine de mort cruelle soit abolie et que tous les condamnés innocents soient sauvés.»
En conclusion, ces détenus ont appelé tous les défenseurs de la liberté à ne pas rester indifférents à la confirmation de la condamnation à mort de Faridi et à faire connaître son histoire d’innocence au monde entier.
Faridi a été arrêté une première fois en mars 2024 par l’Organisation du renseignement de la police iranienne, puis libéré sous caution peu après. En juin 2024, lors de son interrogatoire au 15e tribunal du parquet de Tabriz, il a été de nouveau arrêté et incarcéré.
Ce prisonnier politique a été condamné à mort en février 2025 par Ali Sheikhlou, président du 3e tribunal révolutionnaire de Tabriz. Cette sentence a été confirmée à trois reprises par la Cour suprême.
Le 12 novembre, la famille de Faridi a annoncé dans une vidéo Instagram avoir rencontré son fils derrière les barreaux du parloir de la prison.
Parvin Hayati, la mère du prisonnier, a écrit en légende de la vidéo : « En tant que mère, je me pose une question : la place d’Ehsan et de ceux qui lui ressemblent est-elle derrière les barreaux ? Et pour quel crime une telle condamnation ? »
Alireza Faridi, son père, a également déclaré lors d’une interview : « Le procureur qui a rédigé l’acte d’accusation, Seyed Ali Mousavi-Aghdam, a été par la suite destitué pour avoir constitué un réseau de corruption. Comment mon fils peut-il être condamné à la peine capitale sur la base d’un acte d’accusation émis par une personne destituée pour corruption ? Mon fils ne mérite pas une telle sentence.»
Actuellement, outre les prisonniers condamnés pour des crimes non politiques qui sont pendus quotidiennement dans les prisons iraniennes, environ 70 prisonniers à travers le pays, accusés de crimes politiques, risquent de voir leur condamnation à mort confirmée ou exécutée.
Plus d’une centaine d’autres personnes, accusées de crimes similaires, risquent également la peine de mort.

