Penny Wong, ministre australienne des Affaires étrangères, a annoncé jeudi 27 novembre que le gouvernement australien avait inscrit le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) sur sa liste des « États soutenant le terrorisme ». Cette décision fait suite à des évaluations approfondies de sécurité et de renseignement et marque un tournant important dans la position de Canberra face aux actions déstabilisatrices du régime iranien, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
Cette décision intervient après que le Premier ministre australien, Anthony Albanese, eut accusé, en septembre, le régime iranien d’avoir orchestré deux attaques antisémites et l’incendie criminel de propriétés appartenant à la communauté juive de Sydney et de Melbourne. Il avait également annoncé l’expulsion de l’ambassadeur du régime iranien. M. Albanese avait par ailleurs souligné la suspension des activités de l’ambassade d’Australie à Téhéran et le transfert de tous les diplomates australiens dans un pays tiers pour leur sécurité.
Mike Burgess, directeur général de l’ASIO (Australian Security Intelligence Organisation), a également déclaré que des enquêtes approfondies menées par l’agence avaient prouvé l’implication directe du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) dans ces attaques et établi que cette entité avait orchestré au moins deux attentats – et probablement davantage – contre des intérêts juifs en Australie. Suite à ces révélations, le gouvernement australien a déclaré Ahmad Sadeghi, ambassadeur du régime iranien, ainsi que trois autres responsables du régime, « persona non grata » et leur a ordonné de quitter le pays sous sept jours.
Les antécédents terroristes du CGRI
Le CGRI, et plus particulièrement sa Force Qods, est reconnu depuis des années comme l’une des organisations terroristes étatiques les plus actives au monde. Il a joué un rôle direct dans le financement, l’organisation et la conduite d’opérations violentes dans toute la région, notamment en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen, et a utilisé des milices supplétives pour promouvoir la politique répressive du régime iranien. D’après de nombreux rapports de médias internationaux et d’organisations de défense des droits humains, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) joue un rôle central dans l’assassinat de dissidents iraniens à l’étranger, la perpétration d’attentats à la bombe, la mise en place de réseaux terroristes et la participation à des attaques contre des cibles civiles. De ce fait, il a été sanctionné et inscrit sur la liste des organisations terroristes par de nombreux pays ces dernières années.
Le CGRI est déjà désigné comme organisation terroriste par les États-Unis, et de nombreux pays, dont le Canada et l’Union européenne, subissent des pressions parlementaires pour faire de même. Cependant, la politique de négociations avec le régime iranien a jusqu’à présent empêché sa désignation officielle dans ces juridictions.

