Selon des informations provenant de la prison de Lakan, située à Rasht, dans le nord de l’Iran, des activités inhabituelles ont commencé dans l’établissement les jours précédant les massacres des jeudi 8 et vendredi 9 janvier. Plusieurs jours auparavant, tous les détenus avaient été rassemblés, la moitié de la prison évacuée et séparée, et un important contingent des forces de sécurité et des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), une puissante force militaro-sécuritaire du régime iranien, y avaient pénétré.
Du jeudi au dimanche, tout contact avec la prison a été totalement coupé. Après le rétablissement partiel des communications, il est apparu clairement que des dizaines de blessés par balles, souffrant de blessures graves et d’hémorragies importantes, avaient été transférés à la prison par les forces du CGRI et son service de renseignement.
D’après ces rapports, plus de la moitié des blessés sont décédés en prison faute de soins médicaux, à cause de la torture et des conditions de détention inhumaines. L’infirmerie de la prison est dépourvue des équipements médicaux les plus élémentaires et aucun service efficace n’est assuré, même pour des soins primaires comme l’administration de perfusions ou le changement de pansements.
Il a également été rapporté que plus de 2 000 nouveaux détenus sont incarcérés dans des halls séparés des autres prisonniers, sans chauffage, sans couvertures, sans vêtements chauds et avec une ration alimentaire extrêmement limitée. Ces détenus subissent des tortures continues et le nombre d’arrestations augmente chaque jour.
Ces informations indiquent que la prison de Lakan à Rasht est devenue un lieu où meurent les blessés et où se déroule la répression massive des détenus. Les familles de Rasht et des environs qui recherchent des proches disparus sont invitées à se rendre à la prison de Lakan pour obtenir des informations.
Les événements en cours constituent une série d’assassinats, de tortures, de disparitions forcées et de violations généralisées des droits humains, dont les institutions de sécurité et le Corps des gardiens de la révolution islamique portent la responsabilité directe. Ce rapport est publié en tant qu’avertissement urgent afin de prévenir la poursuite de ces crimes ; la source a été tenue secrète pour des raisons de sécurité.

