Des sources diplomatiques opposées au régime iranien rapportent que l’opposition est prête à annoncer la formation d’un « gouvernement intérimaire ». Cette annonce intervient dans un contexte de tensions régionales croissantes et de déclarations de responsables américains. Depuis le samedi 28 février au matin, de nombreuses attaques ont été menées contre des bases du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), responsable des attentats de janvier.
Annonce d’un gouvernement intérimaire pour le transfert de souveraineté
Le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), coalition d’opposition dirigée par Maryam Radjavi, est sur le point d’annoncer la formation d’un gouvernement intérimaire. L’objectif affiché est de transférer la souveraineté au peuple et d’instaurer une république démocratique. Ce plan s’appuie sur le programme en dix points présenté par Maryam Radjavi.
— Maryam Radjavi (@Maryam_Rajavi_F) March 1, 2026
Dans un communiqué daté du 28 février 2026, le secrétariat du CNRI a décrit la formation d’un gouvernement intérimaire comme une étape vers la fin du système du Velayat-e Faqih, ou pouvoir du juge suprême. La déclaration soulignait l’instauration d’une république multipartite fondée sur le libre suffrage populaire.
Ce plan prévoyait la dissolution du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), de sa Force Qods, des milices Bassidj et du ministère du Renseignement. Il envisageait également de garantir la liberté d’expression, la liberté d’activité des partis politiques, le droit de réunion publique et la liberté de la presse dans le cadre de la future république. Le programme du gouvernement de transition du Conseil national iranien de la révolution (CNRI) inclut également l’interdiction de la torture et l’abolition de la peine de mort.
Gouvernement intérimaire et principes de la future structure
Dans le cadre du plan annoncé pour le gouvernement intérimaire, la séparation de la religion et de l’État est explicitement affirmée. La proposition met l’accent sur l’égalité pleine et entière entre les femmes et les hommes en matière de droits politiques et sociaux. L’indépendance du pouvoir judiciaire et l’octroi d’une autonomie aux nationalités, dans le respect de l’intégrité territoriale de l’Iran, sont également inclus. La création d’un Iran dénucléarisé et exempt d’armes de destruction massive constitue un autre volet du programme. Le CNRI a déclaré que l’objectif de cette politique est de renforcer la paix et la coopération régionale.
Message de Maryam Radjavi, présidente de la République élue du CNRI pour la période de transfert de la souveraineté au peuple d’Iran
Notre patrie a traversé de nombreuses turbulences. Elle surmontera également ce moment et cette étape. Mais nous devons choisir, dans le camp du… pic.twitter.com/hbZQ9QpZdx— Maryam Radjavi (@Maryam_Rajavi_F) February 28, 2026
Position des États-Unis et avertissements sécuritaires
Parallèlement, le président américain Donald Trump, dans un message vidéo, a appelé les Iraniens à prendre le contrôle de leur gouvernement. Un journaliste du site d’information américain Axios a déclaré que l’objectif était de créer les conditions de la chute du régime iranien. Suite à l’annonce du lancement d’opérations militaires de grande envergure, le département d’État américain a également conseillé aux citoyens américains en Iran de rester à leur domicile jusqu’à nouvel ordre.
Les récents développements ont fait de la question de la mise en place d’un gouvernement de transition par le CNRI l’un des principaux enjeux de la scène politique iranienne. La déclaration de disponibilité à former un gouvernement intérimaire témoigne de la volonté de l’opposition de s’affranchir totalement de la structure du régime iranien. Ce processus se déroule à un moment où le fossé entre le gouvernement et la société est plus profond que jamais. En particulier après le massacre de jeunes Iraniens par le régime iranien lors du soulèvement de janvier 2026, la société iranienne est décrite comme étant au bord de l’explosion.

