Une conférence internationale en ligne, le 5 mars 2026, a réuni des dirigeants politiques, d’anciens responsables et des parlementaires d’Europe et d’Amérique du Nord afin de discuter de la situation politique en Iran et de la proposition de gouvernement provisoire du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI). Cet événement, intitulé « L’Iran à la croisée des chemins : Soutenir le gouvernement provisoire du CNRI », a porté sur la vision de la coalition d’opposition pour la transition politique et sur le cadre qu’elle propose pour un futur système démocratique.
Les participants ont examiné le Plan en dix points du CNRI et son initiative de gouvernement provisoire récemment annoncée, qui, selon ses partisans, vise à encadrer une période de transition et à préparer le terrain pour des élections démocratiques. La conférence a été marquée par les interventions de nombreuses personnalités internationales qui ont abordé à la fois le climat politique en Iran et le rôle que les mouvements d’opposition pourraient jouer dans la construction de l’avenir du pays.
Iran at a Crossroads: Supporting the NCRI Provisional Government Based on Its Ten-Point Planhttps://t.co/YXASTo7Qxl
— Iran Focus (@Iran_Focus) March 5, 2026
Présentation du plan de transition par Radjavi
Maryam Radjavi, présidente élue du CNRI, a ouvert la conférence en présentant les objectifs du gouvernement provisoire proposé. Elle a déclaré que cette initiative vise à faciliter le transfert de souveraineté au peuple iranien durant une phase de transition suivant le changement politique.
Selon Mme Radjavi, le gouvernement provisoire organisera des élections pour une assemblée constituante dans un délai de six mois. Cette assemblée sera alors chargée de déterminer la future structure politique du pays par le biais de procédures démocratiques.
Mme Radjavi a également mis en avant le Plan en dix points du CNRI, qui comprend des engagements en faveur de l’égalité des sexes, de la séparation de la religion et de l’État et de la protection des droits des communautés ethniques en Iran. Elle a décrit ce plan comme un cadre pour l’établissement d’une république laïque et démocratique.
Dans son discours, Mme Radjavi a également évoqué les Unités de résistance affiliées à l’OMPI opérant en Iran. Elle les a décrites comme des groupes organisés agissant malgré ce qu’elle a qualifié de répression importante de la part des autorités.
Des intervenants internationaux abordent la situation politique en Iran
Plusieurs intervenants à la conférence ont partagé leurs points de vue sur le paysage politique iranien et le rôle des organisations d’opposition.
James Jones, ancien conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, a déclaré que l’évolution de la situation en Iran pourrait représenter un moment important dans la trajectoire politique du pays. S’appuyant sur des années d’observation de l’opposition iranienne, Jones a salué la persévérance du CNRI et de ses dirigeants.
Il a également évoqué les activités des Unités de résistance en Iran, les décrivant comme de jeunes militants poursuivant leur opposition malgré les risques encourus. Il a souligné que l’avenir de l’Iran devait être déterminé par son peuple et non par des puissances étrangères.
John Bercow, ancien président de la Chambre des communes britannique, a abordé les débats relatifs aux modèles politiques alternatifs pour l’Iran. Il a critiqué les propositions prônant le retour de la monarchie Pahlavi, arguant que de telles idées représentaient un retour en arrière plutôt qu’une perspective d’avenir.
Bercow a déclaré que la plateforme politique établie de longue date du CNRI et son réseau de soutiens témoignent d’une alternative organisée, fruit de plusieurs décennies d’efforts.
Discussion sur le soutien international
D’autres participants se sont concentrés sur le rôle de la communauté internationale face à l’évolution de la situation en Iran.
Ingrid Betancourt, ancienne sénatrice colombienne, a décrit la situation actuelle comme un tournant potentiel et a soutenu que les périodes d’incertitude politique exigent des alternatives structurées pour prévenir l’instabilité. Elle a affirmé que la proposition du CNRI concernant un gouvernement provisoire mérite une attention internationale soutenue.
Alejo Vidal-Quadras, ancien vice-président du Parlement européen, a déclaré que le système dirigeant iranien est confronté à des pressions tant internes qu’externes. Il a décrit la combinaison de l’opposition intérieure et des pressions internationales comme un facteur déterminant de l’environnement politique du pays.
L’ancien sénateur américain Robert Torricelli est également intervenu lors de la conférence, affirmant que les transitions politiques nécessitent souvent des mouvements organisés capables de combler les lacunes de la gouvernance. Il a souligné que la structure politique et les liens internationaux du CNRI sont des éléments qui, selon ses partisans, pourraient lui permettre de jouer un tel rôle.
Louis Freeh, ancien directeur du FBI, a lui aussi décrit le CNRI comme une coalition d’opposition organisée, dotée de réseaux susceptibles de contribuer à la gestion d’une future transition.
Principes démocratiques et propositions politiques
Plusieurs responsables européens ont insisté sur la gouvernance démocratique et les droits de l’homme dans leurs interventions.
Robert Joseph, ancien sous-secrétaire d’État américain au contrôle des armements et à la sécurité internationale, a qualifié le Plan en dix points du CNRI de cadre politique mettant l’accent sur les institutions démocratiques et les libertés civiles.
Le député français André Chassaigne a souligné que les décisions concernant l’avenir politique de l’Iran devaient en fin de compte revenir au peuple iranien. Il a mis en garde contre les discours susceptibles de conduire soit au maintien du système politique actuel, soit à la résurgence de formes antérieures de régime autoritaire.
Christine Arrighi, également députée à l’Assemblée nationale française, a noté que des milliers de parlementaires à travers le monde avaient exprimé leur soutien au Plan en dix points. Elle a notamment mis en avant des dispositions telles que l’égalité entre les femmes et les hommes, l’abolition de la peine de mort et la séparation de l’Église et de l’État.
Mesures politiques et responsabilité juridique
Plusieurs intervenants ont également présenté des pistes de réflexion pour les gouvernements occidentaux.
David Jones, ancien ministre britannique, a plaidé pour un renforcement de la pression diplomatique sur l’Iran, notamment en désignant le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste et en expulsant les diplomates iraniens des capitales occidentales.
Liam Fox, ancien ministre britannique de la Défense, a insisté sur le fait que le peuple iranien devait déterminer son propre avenir politique et a soutenu que la souveraineté nationale devait demeurer au cœur de tout débat sur une réforme politique du pays.
Ola Elvestuen, ancien ministre norvégien, a décrit le climat politique actuel comme l’une des périodes les plus difficiles qu’ait connues le régime iranien depuis des décennies et a souligné l’importance potentielle du soutien international aux mouvements démocratiques.
La conférence a également abordé la question de la responsabilité juridique dans une éventuelle période post-transition. Herta Däubler-Gmelin, ancienne ministre allemande de la Justice, a déclaré que la lutte contre les violations des droits humains serait un élément crucial de toute transition politique et a mis en lumière le rôle possible des institutions juridiques internationales dans ce processus.
Tout au long de la conférence, les intervenants sont revenus sur les thèmes de la transition politique, de la gouvernance démocratique et du rôle potentiel des mouvements d’opposition organisés dans la construction de l’avenir de l’Iran.

