Le célèbre magazine français *Le Nouvel Observateur* a publié une enquête approfondie signée Marie Vaton, mettant au jour les mécanismes occultes d’une véritable « usine à fabriquer du Chah ». L’article souligne la manière dont le fils du Chah — figure marginale et dénuée de tout poids politique il y a à peine trois ans — a été artificiellement propulsé sur le devant de la scène. Cette ascension artificielle est le fruit de réseaux agressifs et multiformes, dont certains entretiennent des liens étroits avec l’extrême droite.
Le retour de l’infâme police secrète royale du Shah la SAVAK dans les rues d’Europe#FreeIran2026 #10PointPlan #IranWarhttps://t.co/NsZo3VRjJM
— Iran Focus (@Iran_Focus) May 12, 2026
Slogans sectaires sur les places parisiennes :
Chaque dimanche, des monarchistes se rassemblent au Trocadéro, à Paris, scandant des slogans sectaires et exclusifs. Ils crient notamment : « Mort aux trois corrompus : le mollah, le gauchiste et le Mojahed », ciblant explicitement l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran ainsi que les forces progressistes. Ces rassemblements sont orchestrés par des individus aux financements opaques qui, après avoir évolué dans les milieux de la mode et de l’art de vivre, se sont soudainement reconvertis pour s’attaquer avec virulence à quiconque s’oppose au fils du Chah.
L’échec du « Comité de Georgetown » :
Le magazine revient sur le coup médiatique du « Comité de Georgetown », organisé à Washington en février 2023. À cette occasion, le fils du Chah a tenté de instrumentaliser le sang des victimes du régime du *Velayat-e Faqih* (le pouvoir du Guide suprême) pour s’autoproclamer chef de l’insurrection. Toutefois, cette coalition s’est rapidement effondrée, car son unique objectif consistait à asservir tous les participants à sa propre cause. La sociologue Azadeh Kian a confirmé au magazine que le fils du Chah n’était auparavant qu’un parfait inconnu, ne jouissant d’aucune reconnaissance, ni en Iran ni sur la scène internationale.
Armées de trolls et financements douteux :
Pour expliquer cette ascension fulgurante, la publication révèle le rôle joué par des cyberarmées et des financements anonymes. Elle cite notamment une enquête du journal *Haaretz* mettant au jour une opération d’influence reposant sur des milliers de faux comptes destinés à promouvoir le rétablissement de la monarchie et à créer une illusion de popularité. Des sources proches du fils du Chah ont admis que ce dernier ne disposait pas, à titre personnel, des fonds nécessaires pour entretenir un tel « écosystème complexe », révélant ainsi que sa campagne repose sur de puissants lobbies offrant des rémunérations généreuses pour recruter des militants.
Blanchiment médiatique et corruption :
Le magazine signale par ailleurs le recours à des consultants en relations publiques professionnels, chargés d’assurer au fils du Chah une visibilité maximale en lui décrochant des couvertures de magazines et des passages sur les plateaux de télévision français. Des réseaux de l’ombre tentent également de recruter de « jeunes victimes séduisantes » du régime des mollahs pour en faire des instruments de propagande. La jeune journaliste Nazila Maroofian a révélé avoir reçu, dès son arrivée en France, des offres alléchantes — appartements, contrats d’édition — qu’elle a courageusement refusées.
Terreur fasciste et listes noires :
Le *Nouvel Observateur* met en garde : ces groupes se muent en une machine de terreur et d’intimidation à l’encontre des dissidents démocrates. Des influenceurs monarchistes ont publié des « listes noires » ciblant avocats, militants et même libraires à Paris, menaçant quotidiennement d’incendier leurs biens. Ce climat toxique a même gagné le Canada, où Massoud Masjoudi — farouche opposant tant au régime du *Velayat-e Faqih* qu’à la monarchie — a été assassiné en mars par des extrémistes iraniens.
Le retour de la SAVAK et de la Garde du Shah :
Le rapport conclut en soulignant les revendications publiques des monarchistes appelant au retour de la « SAVAK », ce tristement célèbre service de renseignement responsable de milliers de cas de torture. Il décrit une scène glaçante survenue à Londres en avril dernier, où une centaine d’hommes masqués et vêtus de noir ont défilé sous la bannière de la « Garde des Immortels ». Le magazine soulève une question fondamentale : ces milices fascistes cherchent-elles simplement à substituer à l’appareil répressif du régime des mollahs un système tout aussi sanguinaire ?

