Les derniers rapports internationaux indiquent que l’économie du régime iranien se classe parmi les dernières sur les 130 économies mondiales évaluées. Ce classement ne reflète pas simplement une vulnérabilité face à la guerre ou aux catastrophes naturelles ; il dresse plutôt le tableau de l’épuisement des structures économiques, institutionnelles et sociales — des structures qui, après des décennies de gestion par le régime iranien, ont atteint un point de fragilité extrême.
La résilience économique ne se limite pas à la simple capacité de résister aux crises. Une économie résiliente est capable d’attirer des capitaux, de maintenir son niveau de production, de créer des emplois et de renouer avec la voie du développement après chaque choc. Toutefois, lorsque l’inflation chronique, la corruption institutionnelle, l’incertitude politique et la vétusté des infrastructures deviennent des caractéristiques permanentes d’une économie, sa capacité de redressement finit, elle aussi, par disparaître.
Pourquoi la résilience de l’économie du régime iranien s’est-elle dégradée ?
Ces dernières années, l’inflation est devenue le principal facteur d’érosion de la résilience de l’économie du régime iranien. L’inflation ne se contente pas de réduire le pouvoir d’achat ; elle prive également les ménages, les entreprises et les investisseurs de toute capacité de planification. Dans de telles conditions, aucun acteur économique n’est en mesure de prendre des décisions à long terme concernant l’avenir.
Parallèlement, la crise de l’eau, le vieillissement des infrastructures, le recul des investissements et la montée de l’incertitude ont entraîné une augmentation des coûts de production. Ce processus a eu pour conséquences une fuite des capitaux, l’émigration de capital humain qualifié et un déclin de la capacité de production nationale.
Mais le facteur peut-être le plus déterminant réside dans la structure institutionnelle de l’économie. Les économies qui bénéficient de la transparence, de la concurrence et de l’État de droit parviennent à se redresser, même dans des conditions difficiles. À l’inverse, les économies fondées sur la recherche de rentes, les monopoles et les connexions politiques deviennent vulnérables aux crises, même face à des chocs mineurs.
Ces dernières années, l’idée de confier des rôles économiques clés à un groupe restreint, proche des centres de pouvoir, a refait surface. Cette approche est présentée sous des appellations telles que « capitalisme national » ou « capitalistes productifs » ; dans la pratique, elle conduit toutefois à l’expansion d’un capitalisme de connivence.
L’expérience mondiale démontre que, dès lors que la réglementation, l’allocation des ressources et la prise de décision économique sont concentrées entre les mains d’un groupe restreint, la concurrence s’affaiblit et l’innovation disparaît. Une économie saine repose sur des milliers d’entrepreneurs, de petites et moyennes entreprises et d’acteurs indépendants — et non sur des cercles fermés de pouvoir économique. Dans une telle structure, l’activité la plus rentable n’est plus la production, mais l’accès aux rentes et l’influence au sein des centres de décision. Cette tendance non seulement réduit la productivité, mais détruit également la confiance du public en l’équité économique.
La classe moyenne : principale victime de l’effondrement économique
Le signe peut-être le plus révélateur du déclin de la résilience de l’économie du régime iranien réside dans la situation de la classe moyenne. Cette strate sociale — considérée, dans tous les pays développés, comme le pilier fondamental de la stabilité économique et sociale — se réduit désormais à un rythme alarmant.
Les rapports de terrain en provenance de Téhéran indiquent que de nombreuses familles de salariés et de personnes instruites ne sont plus en mesure de couvrir leurs dépenses mensuelles. Le retour du recours au crédit à la consommation, la réduction de la consommation alimentaire, l’achat de fruits à l’unité et même la demande de pain à crédit sont autant de signes d’une crise plus profonde.
Lorsque la classe moyenne peine à satisfaire ses besoins fondamentaux, elle ne peut plus investir dans l’éducation, la culture, l’innovation et le développement. Dans de telles conditions, le moteur de la croissance économique se retrouve, de fait, à l’arrêt.
La crise de résilience : le résultat d’une impasse structurelle
Le faible niveau de résilience de l’économie du régime iranien n’est pas le fruit d’un incident isolé ou d’une crise passagère. Il est le produit de décennies de gouvernance économique inefficace, de la prolifération de structures de captation de rentes, de la destruction de la concurrence et d’une instabilité chronique.
Une économie dont la classe moyenne en est réduite à acheter à crédit, dont les investisseurs s’en vont et dont les entrepreneurs n’entrevoient aucun avenir clair ne saurait résister aux crises futures. Le déclin de la résilience économique est, en réalité, le reflet du déclin de la résilience de la société dans son ensemble.

