Des manifestations ont de nouveau éclaté dans plusieurs villes d’Iran. Alors que la crise économique s’aggrave et que les difficultés liées au coût de la vie s’accentuent, diverses villes iraniennes ont été le théâtre de rassemblements de protestation organisés par différents groupes sociaux et professionnels ce dimanche 14 juin. Retraités, boulangers, livreurs à moto et victimes d’une affaire de fraude financière sont descendus dans la rue ; bien que leurs revendications spécifiques diffèrent, ils partageaient un grief commun : le refus des autorités de répondre à leurs préoccupations. L’ampleur de ces mouvements a une fois de plus démontré que les protestations liées aux conditions de vie constituent désormais l’une des principales expressions du mécontentement populaire dans le pays.
Manifestations de victimes d’une fraude financière : six ans d’attente pour obtenir justice
Un groupe de victimes de la société « Fardadkar Amitis » s’est rassemblé devant le bureau du procureur de Téhéran pour protester contre la lenteur du traitement de leur dossier. Les manifestants déplorent que, six ans après l’ouverture de l’enquête, l’affaire n’ait toujours pas été renvoyée devant un tribunal.
Selon eux, ce retard judiciaire leur a non seulement causé d’importantes pertes financières, mais a également engendré une grande détresse émotionnelle et psychologique pour les familles concernées. Ils ont réclamé une résolution immédiate du dossier ainsi que l’ouverture de la procédure judiciaire.
Les boulangers : quand le pain devient un enjeu de crise
Dans la province du Khorasan du Nord, des boulangers se sont rassemblés devant la préfecture pour protester contre la réduction des quotas de farine, les promesses non tenues des autorités et l’absence de résultats de leurs démarches. Les manifestants ont souligné la hausse constante des coûts de production ces derniers mois. L’augmentation des dépenses énergétiques, des salaires, des loyers et autres charges rend la poursuite de l’activité difficile pour de nombreuses boulangeries. Dans ce contexte, la réduction des quotas de farine exerce une pression supplémentaire sur le secteur. Les boulangers ont également critiqué l’action des organismes professionnels compétents et appelé à des mesures immédiates pour résoudre les problèmes d’approvisionnement en farine et réformer les politiques de distribution.
Manifestations de retraités dans plusieurs villes
Des retraités affiliés à l’Organisation de la sécurité sociale, des enseignants retraités et d’anciens employés du secteur des télécommunications ont de nouveau organisé des rassemblements de protestation dans différentes villes du pays, notamment à Téhéran, Shush, Ahvaz, Machhad et Kermanshah. À Shush, des retraités se sont rassemblés devant les bureaux de la Sécurité sociale pour exiger le versement immédiat d’arriérés liés à l’harmonisation des pensions, ainsi que des revalorisations des retraites alignées sur le coût de la vie, une amélioration des services de santé et une extension des prestations sociales.
À Téhéran, des retraités de la Sécurité sociale, des enseignants retraités et des anciens employés du secteur des télécommunications se sont réunis devant le siège de l’Organisation de la Sécurité sociale. Ils réclamaient le paiement de sommes dues, la mise en œuvre intégrale des mesures d’harmonisation des pensions et une amélioration des services de santé. Par des slogans dénonçant le décalage entre les revenus et le coût de la vie, les manifestants ont exprimé leur mécontentement.
À Ahvaz et à Mashhad, des retraités se sont également rassemblés devant les bureaux de la Sécurité sociale pour formuler des revendications similaires. Ils ont appelé à une revalorisation des pensions en fonction de l’inflation, au versement des prestations en retard et à une amélioration de la couverture d’assurance et de santé.
À Kermanshah, des retraités ont scandé des slogans concernant la hausse des prix, les problèmes de santé et leurs conditions de vie, exigeant que leurs préoccupations soient prises en compte sans délai. Les manifestants ont souligné que l’augmentation du coût de la vie et la baisse du pouvoir d’achat ont créé une situation difficile pour cette catégorie de la population.
Livreurs à moto : revenus en baisse et coûts en hausse
À Shiraz, des livreurs à moto travaillant pour Snapp — la plus grande plateforme iranienne de VTC et de livraison — se sont joints au mouvement de contestation. Ils ont protesté contre les commissions élevées, les taxes lourdes, les faibles tarifs de livraison, la suppression des subventions sur le carburant et l’absence de couverture d’assurance.
Selon les livreurs, le coût de la vie et les frais liés à leur activité continuent d’augmenter sans que leurs revenus ne suivent la même courbe. Ils ont insisté sur le fait que, dans ces conditions, il est devenu difficile pour beaucoup d’entre eux de couvrir même les dépenses courantes.
Protestations pour les conditions de vie : une voix commune à divers groupes sociaux
Le point commun de tous ces rassemblements était l’opposition aux pressions économiques et l’absence de réponse aux revendications professionnelles et liées aux conditions de subsistance. Qu’il s’agisse de victimes de fraudes financières attendant depuis des années une issue judiciaire, de retraités déplorant la baisse de leur pouvoir d’achat, ou de boulangers et de chauffeurs luttant contre la hausse des coûts, tous ont décrit des conditions rendant le quotidien de plus en plus difficile.

