PARIS — La deuxième journée du Sommet mondial Free Iran 2026 a réuni un large éventail d’anciens hauts responsables, parlementaires, diplomates, dirigeants militaires et défenseurs des droits humains qui ont exprimé leur soutien au Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) et à sa vision du changement politique en Iran.
Organisée le 21 juin, cette rencontre a marqué le 45e anniversaire du 20 juin 1981, date à laquelle les forces de sécurité iraniennes ont ouvert le feu sur une manifestation de masse à Téhéran. Tout au long de la journée, les intervenants ont évoqué à plusieurs reprises le rôle de la résistance organisée à l’intérieur de l’Iran, la nécessité de rejeter à la fois le pouvoir religieux et toute restauration monarchique, ainsi que l’importance de soutenir un changement démocratique conduit par les Iraniens eux-mêmes.
Moments forts des deux jours de rassemblement et de campagne exceptionnels « Iran libre 2026 », commémorant le 20 juin 1981, jour des prisonniers politiques et victimes des exécutions politiques en Iran, pour une république démocratiquepic.twitter.com/2A8PSMzfAL
— Maryam Radjavi (@Maryam_Rajavi_F) June 21, 2026
L’événement s’est déroulé dans le contexte des restrictions imposées à un rassemblement de masse prévu par des expatriés iraniens à Paris. Plusieurs intervenants ont critiqué cette décision, estimant qu’elle reflétait les difficultés plus larges auxquelles les groupes d’opposition iraniens sont confrontés à l’étranger.
Ouvrant la séance, la professeure Ramesh Sepehrad a rendu hommage aux personnes tuées lors des événements de juin 1981 et a décrit le sommet comme une tribune représentant les prisonniers politiques, les travailleurs et les jeunes manifestants en Iran. Elle a soutenu que ni les restrictions administratives ni les politiques internationales d’engagement avec Téhéran n’avaient réduit l’élan du mouvement d’opposition.
La présidente élue du CNRI, Mme Maryam Radjavi, a prononcé le discours principal, centré sur le rôle de la résistance organisée et sur ce qu’elle a décrit comme la nécessité d’une force intérieure capable de faire face au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Mme Radjavi a rendu hommage aux membres de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK) qui ont perdu la vie au cours de décennies de confrontation avec les autorités iraniennes.
Deuxième jour – Conférence Iran libre 2026 – Vers une république démocratique
Possédant une connaissance profonde de la nature de la dictature religieuse en Iran, les partisans de la résistance en déduisent que soutenir une république démocratique est la clé du changement en Iran… pic.twitter.com/s3kFRnoJYB— Maryam Radjavi (@Maryam_Rajavi_F) June 21, 2026
Elle a réitéré la proposition du CNRI d’un processus transitoire dans lequel un gouvernement provisoire organiserait des élections libres dans les six mois suivant un changement politique. Mme Radjavi a également souligné que l’avenir de l’Iran devait exclure à la fois le système religieux actuel et tout retour à la monarchie.
Le sommet a donné la parole à plusieurs anciens hauts responsables occidentaux.
L’ancien conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, le général James L. Jones, a décrit le gouvernement iranien comme confronté à d’importantes pressions internes, notamment des difficultés économiques et un mécontentement populaire. Il a estimé qu’une transformation politique est plus probable lorsque le mécontentement populaire converge avec un mouvement d’opposition organisé. Le général Jones a également exhorté les gouvernements et les médias à remettre en cause ce qu’il a qualifié de campagnes de désinformation de Téhéran et à examiner de plus près la plateforme politique du CNRI.
Le député britannique Bob Blackman, président du British Committee for Iran Freedom, a déclaré aux participants que plus de 3 000 parlementaires à travers le monde avaient exprimé leur soutien au cadre transitoire proposé par le CNRI. M. Blackman a mis en avant les récents développements au Royaume-Uni concernant une législation susceptible de faciliter l’inscription du CGRI sur la liste des organisations terroristes.
L’ancien secrétaire d’État britannique pour le Pays de Galles, David Jones, a critiqué ce qu’il a décrit comme des décennies d’apaisement occidental envers Téhéran, estimant que le dialogue et les concessions n’avaient pas réussi à modérer le gouvernement iranien. Il a soutenu ce que les partisans du CNRI appellent une « troisième voie » — ni intervention militaire ni accommodement, mais un changement politique conduit par les Iraniens.
L’ancien envoyé spécial des États-Unis, le général Keith Kellogg, a évoqué les révélations du CNRI en 2002 concernant les installations nucléaires iraniennes de Natanz et d’Arak comme preuve des capacités de renseignement de l’organisation. Il a estimé qu’un affaiblissement de la position stratégique du régime pourrait créer des opportunités pour un changement politique intérieur.
L’ancien ministre britannique de la Défense, Sir Liam Fox, s’est concentré sur les questions de sécurité régionale, avertissant que tout allègement de la pression économique pourrait renforcer les autorités iraniennes et leurs activités régionales. Il a soutenu que seuls les Iraniens eux-mêmes devraient déterminer l’avenir politique de leur pays.
La responsabilité et les droits humains ont constitué des thèmes récurrents tout au long de la conférence.
L’ancien directeur du FBI, Louis Freeh, a appelé à des efforts internationaux accrus pour enquêter sur les responsables impliqués dans des violations des droits humains et les poursuivre en justice. Il a affirmé que l’établissement de responsabilités pénales individuelles pour les actes commis par les autorités iraniennes devait demeurer une priorité pour la communauté internationale.
L’ancienne Première ministre finlandaise Anneli Jäätteenmäki a établi des parallèles entre les efforts
actuels de l’opposition iranienne et les mouvements démocratiques historiques en Europe. Elle a exprimé son soutien au programme politique du CNRI et a estimé qu’un changement significatif viendrait de ceux qui résistent activement à l’intérieur de l’Iran plutôt que d’une intervention étrangère.

La députée belge Kathleen Depoorter a mis en lumière la situation des femmes en Iran et a appelé à faire des droits humains un élément central des relations diplomatiques avec Téhéran. Elle a salué les propositions du CNRI concernant la gouvernance laïque, l’indépendance de la justice et l’égalité entre les femmes et les hommes.
L’ancien commandant suprême des forces alliées de l’OTAN en Europe, le général Tod Wolters, a souligné ce qu’il a décrit comme la présence croissante des Unités de Résistance à travers l’Iran. Il a affirmé que les réseaux d’opposition organisés à l’intérieur du pays démontrent la persistance du sentiment anti-gouvernemental malgré la répression continue.
La liberté religieuse et les droits des minorités ont également occupé une place importante dans les discussions.
La Dre Margot Käßmann, ancienne présidente de l’Église évangélique d’Allemagne, a condamné les persécutions contre les minorités religieuses en Iran et a insisté sur l’importance de la séparation entre la religion et les institutions de l’État. Elle a indiqué qu’un groupe d’évêques et de rabbins avait conjointement condamné les récentes exécutions en Iran.
L’ancienne candidate à la présidence de la Colombie, Ingrid Betancourt, a attiré l’attention sur les récentes exécutions d’activistes et de membres des Unités de Résistance. Elle a estimé que les jeunes générations iraniennes rejettent de plus en plus à la fois le système politique actuel et la perspective d’un retour à la monarchie.
Plusieurs intervenants ont spécifiquement abordé le débat sur les alternatives possibles au gouvernement iranien actuel. L’ancienne ambassadrice des États-Unis Carla Sands, l’ancien Premier ministre islandais Geir Haarde, l’ancienne responsable de la Maison-Blanche Linda Chavez et l’ancien ambassadeur américain Robert Joseph ont tous soutenu que le changement politique devait émerger de mouvements organisés à l’intérieur de l’Iran plutôt que d’une intervention extérieure ou d’un retour à la monarchie.
La conférence s’est achevée par les interventions de l’ancien secrétaire d’État adjoint américain Lincoln Bloomfield, des anciens députés européens Struan Stevenson et Paulo Casaca, ainsi que de représentants de la jeune génération d’activistes iraniens.
S’exprimant au nom des jeunes Iraniens présents au sommet, la juriste et commentatrice Mahan Taraj a évoqué son expérience d’exil et sa décision de soutenir le CNRI après avoir étudié de manière indépendante l’histoire politique de l’Iran. Elle a établi un lien entre la génération actuelle d’activistes, les participants aux manifestations de juin 1981 et les Unités de Résistance qui opèrent aujourd’hui à l’intérieur du pays.
À la clôture de cette deuxième journée du sommet, les participants sont revenus à plusieurs reprises
sur un thème commun : l’avenir de l’Iran doit être déterminé par ses citoyens. Bien que les intervenants aient mis l’accent sur des aspects différents — droits humains, sécurité régionale, responsabilité ou gouvernance démocratique — les débats se sont concentrés sur le soutien à un mouvement d’opposition organisé et sur le rejet à la fois du système théocratique actuel et de toute restauration d’un pouvoir héréditaire.

