Le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) a annoncé qu’Arghavan Fallahi, une prisonnière politique de 25 ans sympathisante de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) — le principal groupe d’opposition iranien — a été condamnée à mort par la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par le juge Abolqasem Salavati. Selon le communiqué du CNRI, la sentence capitale lui a été officiellement notifiée par l’intermédiaire de son avocat le 1er juillet. Le CNRI a qualifié ce verdict de « criminel » et a appelé les organisations internationales ainsi que les groupes de défense des droits humains à agir immédiatement pour empêcher son exécution.
D’après le communiqué, Arghavan Fallahi a été arrêtée par les forces de sécurité dans la ville de Parand le 25 janvier 2025 et transférée au quartier 241 de la prison d’Evin, contrôlé par l’Organisation de protection du renseignement du pouvoir judiciaire iranien. Le CNRI a indiqué qu’elle a passé environ cinq mois à l’isolement, soumise à des interrogatoires ainsi qu’à de sévères pressions physiques et psychologiques. À la suite de l’évacuation de la prison d’Evin, elle a d’abord été transférée à la grande prison de Téhéran (Fashafouyeh), puis ramenée au quartier des femmes de la prison d’Evin.
Le CNRI a également exhorté les Nations unies, les instances internationales compétentes et les organisations de défense des droits humains à intervenir sans délai pour sauver la vie d’Arghavan Fallahi et celle d’autres prisonniers politiques condamnés à mort. Il a par ailleurs réitéré la nécessité d’une mission internationale d’enquête chargée de visiter les prisons iraniennes et de rencontrer les prisonniers politiques.
Contexte de l’affaire Arghavan Fallahi
Avant cette dernière arrestation, Arghavan Fallahi avait déjà été détenue en novembre 2022 à Chiraz, aux côtés de son père Nasrollah Fallahi, par les forces de sécurité. Après son transfert à la prison d’Evin, elle avait été condamnée par la 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par le juge Iman Afshari, à deux ans de prison pour « rassemblement et collusion » ainsi que pour « propagande contre le régime ». Elle avait été libérée après avoir purgé sa peine. Dans le cadre de cette nouvelle affaire, elle demeure en détention depuis janvier 2025 sans qu’une issue n’ait été trouvée.
Selon des rapports d’organisations de défense des droits humains, elle s’est vu refuser l’accès à un avocat, des contacts réguliers avec sa famille ainsi que le respect des garanties d’une procédure régulière tout au long de sa détention. Ces rapports font également état d’actes de torture et de pressions exercées pour lui extorquer des aveux forcés concernant le meurtre de deux juges du régime, Mohammad Moghiseh et Ali Razini.

