Mardi 7 juillet, la campagne « des mardis contre les exécutions » s’est poursuivie. Lancée pour mettre fin à toutes les formes d’exécution en Iran, cette initiative est désormais menée simultanément dans 57 prisons à travers le pays.
Les participants incarcérés ont publié une déclaration au cours de la 128e semaine de leur mouvement, condamnant le maintien en fonction du bourreau Gholamhossein Mohseni Ejei à la tête du pouvoir judiciaire et appelant à une mobilisation mondiale contre les exécutions en Iran.
La déclaration des prisonniers se lit comme suit :
Poursuite de la campagne « des mardis contre les exécutions » pour une 128e semaine dans 57 prisons
Le maintien en poste de Mohseni Ejei constitue une menace grave pour les prisonniers et les droits humains en Iran.
À la veille du 9 juillet, date anniversaire du meurtre d’étudiants lors des manifestations de 1999, la campagne «des mardis contre les exécutions » honore la mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour la liberté et l’égalité. Elle commémore le jour où le régime a violemment réprimé les manifestations étudiantes et attaqué brutalement les dortoirs de l’université de Téhéran.
Selon les chiffres publiés, le régime illégitime iranien a exécuté au moins 15 personnes depuis le 22 juin et a prononcé des condamnations à mort inhumaines à l’encontre de plusieurs prisonniers, pour des motifs allant de crimes de droit commun à des accusations politiques.
La semaine dernière, le juge Abolghasem Salavati — l’un des magistrats les plus tristement célèbres du régime, auteur de nombreuses condamnations à mort — a prononcé une sentence capitale digne du Moyen Âge à l’encontre d’Arghavan Fallahi, une prisonnière politique détenue dans le quartier des femmes de la prison d’Evin. Cette condamnation a été prononcée alors même que la procédure judiciaire était inéquitable et menée sous la pression des services de sécurité du régime.
Des condamnations à mort ont également été prononcées contre plusieurs personnes arrêtées lors du soulèvement de janvier 2026, notamment Kamal Khan-Babaei, incarcéré à la prison de Choobindar (Qazvin), et Vahid Khan-Sanami, détenu à la prison du Grand Téhéran. Ils ont été condamnés à mort à l’issue de procédures judiciaires inéquitables visant à intimider la société. Ces condamnations inhumaines sont prononcées alors que Gholamhossein Mohseni Ejei, chef du pouvoir judiciaire du régime, a récemment été reconduit dans ses fonctions par le dirigeant autocrate iranien Mojtaba Khamenei. Ejei a un lourd passif en matière de violations des droits humains et, au cours des quatre dernières années, il a supervisé le plus grand nombre d’exécutions capitales des trois dernières décennies.
Tout en condamnant ces condamnations à mort injustes, la campagne « des mardis contre les exécutions » appelle toutes les instances internationales et les personnes de conscience à réagir face à la catastrophe humanitaire qui se déroule dans les prisons iraniennes. Les condamnations à mort sont en réalité décidées à huis clos, sous la contrainte de tortures psychologiques et physiques lors des interrogatoires. Il est donc impératif d’agir avec détermination, par tous les moyens possibles, pour faire pression sur le régime afin qu’il respecte les principes d’un procès équitable, notamment en garantissant la publicité des audiences lorsque les charges encourues peuvent entraîner la peine capitale.
Enfin, nous tenons à souligner que de nombreuses personnes ont créé du contenu en soutien à la campagne ou ont demandé la publication de leurs messages contre les exécutions par le biais de la campagne « Les mardis non aux exécutions ». Il s’agit d’une campagne nationale qui appartient à tous les prisonniers en grève, quelle que soit leur affiliation politique ; elle porte donc une revendication large qui transcende les groupes, les partis et les mouvements politiques. Par ailleurs, de nombreuses contributions sont envoyées sur les réseaux sociaux de la campagne. Si nous ne les avons pas republiées, c’est avant tout pour garantir que la campagne demeure au-dessus des factions politiques et appartienne équitablement à tous ses membres, à ses soutiens et aux opposants à la peine de mort. En outre, la vocation première des plateformes en ligne de la campagne est de publier les déclarations hebdomadaires et d’en assurer l’archivage. Nous remercions tous les soutiens de la campagne et tous les opposants à la peine de mort pour la création de contenus et l’organisation d’initiatives progressistes en défense du droit à la vie, et nous vous témoignons chaleureusement notre solidarité.
Nul doute qu’à travers la résistance et la solidarité collective contre les exécutions, nous l’emporterons !
Ce mardi 7 juillet, les participants incarcérés à la campagne « des mardis contre les exécutions » observent une grève de la faim pour la 128e semaine consécutive dans 57 prisons à travers l’Iran.

