La condamnation à mort d’Arghavan Fallahi, une prisonnière politique de 24 ans détenue dans le quartier des femmes de la prison d’Evin à Téhéran, a été confirmée par la Cour suprême, et cette décision a été officiellement notifiée à son avocat. Cette évolution survient après des mois de détention, de placement à l’isolement et d’informations faisant état de pressions psychologiques et d’entraves à sa défense, ce qui accroît le risque que la peine capitale soit désormais exécutée.
Selon les informations publiées, Arghavan Fallahi a été condamnée à mort le 1er juillet par la 15e chambre du Tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par le juge Abolghasem Salavati, pour le chef d’accusation de « baghi » (rébellion armée contre l’État). La peine a été confirmée en appel et la décision de la Cour suprême a été communiquée à son avocat.
La confirmation par la Cour suprême marque la fin de la procédure d’appel ordinaire, bien que d’autres voies de recours juridiques, notamment une demande de réexamen judiciaire, puissent encore être envisagées. Toutefois, au moment de la publication de ce rapport, le numéro de la chambre de la Cour suprême, la date exacte de la décision, le texte intégral du jugement et le raisonnement juridique de la cour n’ont pas été rendus publics. Il n’est pas non plus établi si l’avocat de Mme Fallahi a eu accès au dossier complet et à l’intégralité de la décision, ce qui limite toute évaluation indépendante de la procédure judiciaire.
Le régime iranien exécute Ghaem Hosseini : cinquième exécution liée à l’affaire de la place Alikhani #IranHumanRightshttps://t.co/15bgqLLP89
— Iran Focus (@Iran_Focus) August 21, 2026
Arrestation et détention à l’isolement
Arghavan Fallahi a été arrêtée par les forces de sécurité le 25 janvier 2025 et transférée dans le quartier 209 de la prison d’Evin. Selon des rapports relatifs aux droits humains, elle a été interrogée pendant un certain temps dans les quartiers 209 et 241 alors qu’elle était maintenue à l’isolement.
Une source informée avait précédemment indiqué que Mme Fallahi avait subi de fortes pressions psychologiques durant sa détention et que les enquêteurs l’avaient interrogée pour tenter d’obtenir des aveux concernant les meurtres des juges Mohammad Moghiseh et Ali Razini. Les informations faisant état de pressions psychologiques et de méthodes d’interrogatoire, conjuguées à l’incertitude entourant la procédure judiciaire, ont renforcé les inquiétudes quant au respect de son droit à la défense et à l’accès à un procès équitable. Mme Fallahi a nié ces allégations ; par ailleurs, des informations antérieures avaient fait état de restrictions concernant son accès à un avocat et du caractère secret de la procédure judiciaire.
Transferts entre établissements pénitentiaires
À la suite de l’attaque contre la prison d’Evin en juin 2025, Arghavan Fallahi a d’abord été transférée à la Grande prison de Téhéran (à Fashafouyeh), puis à la prison de Qarchak (à Varamin). Elle a ensuite été ramenée à la prison d’Evin, où elle est actuellement détenue dans le quartier des femmes.
Arrestation et condamnation antérieures
Avant cette affaire, Arghavan Fallahi avait été arrêtée en compagnie de son père en 2022. Son dossier a été examiné par la 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, qui l’a condamnée à deux ans de prison pour « rassemblement et collusion » ainsi que pour « propagande contre le régime ». Libérée après avoir purgé sa peine, elle a de nouveau été arrêtée en janvier 2025 et a cette fois-ci été condamnée à mort.
La prisonnière politique Arghavan Fallahi a été arrêtée pour avoir soutenu l’Organisation des moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) et a subi des pressions ainsi que des actes de torture.
Une condamnation à mort sur fond d’incertitudes judiciaires
La confirmation de la condamnation à mort d’Arghavan Fallahi intervient alors que les détails de l’arrêt de la Cour suprême et les documents judiciaires y afférents n’ont pas été rendus publics. Parallèlement, les informations faisant état de mois passés à l’isolement, de pressions psychologiques, de tentatives présumées d’extorquer des aveux et de restrictions concernant sa défense soulèvent de graves questions quant à la manière dont son dossier est traité.

La Cour suprême ayant confirmé la peine, Arghavan Fallahi risque désormais l’exécution ; cette situation attise les inquiétudes quant au sort de cette jeune prisonnière politique et souligne la nécessité d’une plus grande transparence concernant son affaire et la procédure judiciaire.

