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Iran-Irak : Le MAE iranien appelle au retrait britannique du sud de l’Irak

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AFP, Beyrouth, 17 février – Le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki a fait monter les enchères vendredi, au dernier jour de sa visite à Beyrouth, en réclamant le retrait des forces britanniques du sud de l’Irak, un appel rejeté par Londres comme un moyen de diversion.

« La République islamique d’Iran demande le retrait immédiat des forces britanniques de Bassorah », la grande ville du sud de l’Irak, a déclaré M. Mottaki lors d’une conférence de presse, en accusant ces troupes de « déstabiliser la situation » dans cette région qui fait face à l’Iran.

Evoquant une campagne d' »assassinats » dans cette région, où sont déployés quelque 8.000 soldats britanniques, le ministre iranien a indiqué que la situation sécuritaire y avait des « effets négatifs » pour l’Iran voisin.

L’Iran a accusé en janvier les troupes britanniques déployées à Bassorah d’implication dans les attentats sanglants à Ahvaz, la capitale de la province pétrolière du Khouzistan frontalière de l’Irak et thétre d’affrontements entre la population arabe et les forces de sécurité. Mais Londres a démenti.

Le Premier ministre britannique Tony Blair a immédiatement rejeté l’appel de M. Mottaki au retrait des troupes britanniques de Bassorah.
« Ce que je voudrais dire aux Iraniens c’est que ça ne sert à rien d’essayer de faire diversion des problèmes concernant l’Iran en remettant en question la présence britannique en Irak », a dit M. Blair lors d’une conférence de presse à Berlin avec la chancelière allemande Angela Merkel.

« Les troupes britanniques resteront en Irak aussi longtemps que le mandat de l’Onu sera en vigueur et aussi longtemps que le gouvernement irakien voudra que nous restions », a-t-il ajouté.

De son côté, Mme Merkel a dit que Berlin, Londres et Paris étaient d’accord pour dire que « l’Iran avait franchi la ligne rouge » sur son dossier nucléaire controversé. Les efforts diplomatiques doivent se poursuivre pour amener l’Iran à « accepter une position qui permette une coopération », selon elle.

M. Mottaki a qualifié de « grand mensonge » les déclarations de responsables américains sur le programme nucléaire iranien, accusant Washington de « vouloir déformer l’aspect pacifique du programme nucléaire iranien ».

Au cours de sa visite de deux jours au Liban, M. Mottaki a accusé Israël de chercher à déstabiliser le Liban et a insisté sur l’importance de l’unité nationale libanaise afin de sortir de la crise politique, à l’issue d’un entretien avec le chef de l’Etat libanais Emile Lahoud.

Il a affirmé que l’Iran voulait « établir de bonnes relations avec toutes les parties libanaises y compris (le chef et député druze) Walid Joumblatt », un pilier de la majorité parlementaire antisyrienne qui accuse le Hezbollah chiite pro-iranien de chercher à entraîner le Liban dans un axe syro-iranien.

« M. Joumblatt est un vieil ami de l’Iran et reste toujours un ami », a dit le ministre iranien.

M. Mottaki, dont la visite à Beyrouth est survenue au lendemain du premier anniversaire de l’assassinat de l’ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri le 14 février 2005, a aussi rencontré son homologue libanais Fawzi Salloukh, le chef du Parlement Nabih Berri et le Premier ministre Fouad Siniora.

Le Hezbollah et la Syrie, pays allié de Téhéran, ont été violemment critiqués par des députés de la majorité parlementaire libanaise à l’occasion de la manifestation qui a rassemblé plus d’un million de personnes mardi au centre de Beyrouth pour marquer l’anniversaire de la mort de Rafic Hariri.

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