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Après Saddam Hussein et Al-Qaïda, c’est de l’Iran qu’il s’agit en Irak

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AFP, Crawford, USA, 13 avril – Ce qu’il appelle la « menace » iranienne semble en passe de devenir l’argument primordial du président américain George W. Bush pour faire la guerre en Irak, maintenant que Saddam Hussein est mort et qu’Al-Qaïda est selon lui sévèrement affaibli.

« L’Irak est le point de convergence de deux des plus grandes menaces pour l’Amérique dans ce nouveau siècle: Al-Qaïda et l’Iran », a dit M. Bush jeudi.

Si M. Bush a cité dans un même souffle Al-Qaïda et l’Iran, il a surtout été question des « groupes spéciaux » la semaine passée quand le président et les responsables militaires et civils ont exposé la stratégie pour les prochains mois en Irak.

Or, ces « groupes spéciaux » sont, selon les Américains, des cellules de miliciens extrémistes en rupture de ban, armés, financés et entraînés de l’extérieur, en tout premier lieu par l’Iran.

« Si on ne les contre pas, ces groupes spéciaux représentent la plus grande menace à long terme pour un Irak démocratique et viable », a dit le général David Petraeus, commandant américain en Irak.

Cette « menace » pose immanquablement la question non seulement des moyens employés pour la combattre, mais des choix que fera M. Bush vis-à-vis de l’Iran dans les derniers mois qui lui restent à la Maison Blanche.

M. Bush a signifié clairement ce qu’il entend quand il prévient l’Iran que les Etats-Unis se défendront contre les agissements de ses agents en Irak, iraniens ou autres: « Cela veut dire: on capture ou on tue ».

Au-delà de l’Irak, M. Bush a dit à la chaîne ABC « rigoler » des intentions qui lui auront été prêtées jusqu’au bout d’attaquer l’Iran. Mais lui-même a persisté à entretenir le doute: « J’ai toujours dit que toutes les options devaient être sur la table ».

« Les néoconservateurs pourraient bien l’avoir, leur guerre contre l’Iran », a avancé le commentateur politique Pat Buchanan.

Les jours écoulés n’ont rien fait pour couper court aux spéculations, avec l’annonce de nouvelles avancées des activités nucléaires iraniennes et les informations sur un nouvel incident naval dans le Golfe.

En Irak, selon l’ambassadeur à Bagdad Ryan Crocker, les Iraniens semblent bien être engagés dans une guerre « par procuration » avec les Américains.

Pendant des mois, Washington a brandi l’épouvantail Al-Qaïda pour justifier une guerre très contestée. Aujourd’hui, même si Al-Qaïda reste dangereux, il est en fuite, dit-il.

En revanche, des tirs de mortier sur le quartier gouvernemental et diplomatique de la capitale et les récents affrontements à Bagdad et Bassorah ont mis en lumière le soutien de la force iranienne Quds et du Hezbollah libanais, son allié, aux « groupes spéciaux », disent les officiels américains.

L’administration américaine a ainsi engagé une vaste réévaluation des activités et des intentions de l’Iran ainsi que de la manière d’y faire face, rapportait samedi le Washington Post.

Le gouvernement américain veut espérer que ces événements « ouvriront les yeux » au gouvernement irakien. Tandis que l’administration Bush s’emploie en même temps à la réussite d’une entreprise irakienne mal engagée et à l’isolement du régime islamique, les gouvernements irakien et iranien proclament la nécessité d’étroites relations. Bagdad vient de dérouler le tapis rouge pour le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

« Les politiques désastreuses de Bush » ont fait de l’Irak « un trou noir stratégique, saignant les ressources militaires et l’influence politique de Washington en même temps qu’il étend la primauté de l’Iran chez ses voisins », dit l’experte Suzanne Maloney.

Ni la rhétorique ni les alliances avec les pays arabes ne répareront les dommages: il faudra combiner « endiguement, dissuasion active, et même arrangement et dialogue », mais cela incombera à la prochaine administration, selon elle.

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