L’affaire de corruption dans les ports iraniens est redevenue un sujet de controverse au sein du Parlement du régime. Selon le site *Didban Iran*, lors d’une session virtuelle du Parlement le mardi 1er septembre, les députés ont examiné un rapport de la Commission du génie civil concernant une demande d’enquête et d’audit sur la gestion de l’Organisation des ports et des affaires maritimes. Cette demande a été approuvée par 152 voix pour, 27 contre et huit abstentions, sur un total de 245 députés présents.
Le député Moslem Salehi a signalé des irrégularités financières dans certains ports du pays. Il a indiqué qu’à certains moments, plus de 1 000 milliards de rials avaient été retirés des comptes financiers. M. Salehi a également évoqué des contrôles internes défaillants et des lacunes réglementaires. Il a appelé à un examen approfondi des processus financiers et des systèmes monétaires de l’Organisation des ports et des affaires maritimes.
Toutefois, les documents publiés soulèvent des questions plus graves. Un rapport d’audit a fait état d’un détournement de fonds de 1 080 milliards de rials au port dit « Imam Khomeini ». Ce même rapport a également souligné une surveillance insuffisante du processus de paiement bancaire.
Price of Cement in Iran Rises 90% in Six Months #IranEconomyhttps://t.co/FevkszUxya
— Iran Focus (@Iran_Focus) September 1, 2026
Recettes en devises étrangères et interrogations sur les flux financiers
L’Organisation des ports et des affaires maritimes perçoit des recettes et des redevances liées aux activités des navires étrangers. Une partie de ces recettes est encaissée en devises étrangères, ce qui rend d’autant plus cruciale la surveillance des flux financiers portuaires. M. Salehi a réclamé de la transparence quant à la détention, au transfert et au règlement de ces recettes en devises. Il a également insisté sur le respect de la réglementation de la Banque centrale en matière de change. Dans ce contexte, la question centrale est claire.
Un rapport d’audit a identifié environ 12 958 milliards de rials de créances commerciales et autres impayés. Une part importante de ces créances était due par diverses entreprises. Le rapport indiquait également l’absence de garanties valides pour une partie de ces créances.
Les terrains de 2 400 hectares : un autre volet de l’affaire de corruption portuaire
L’affaire de corruption dans les ports ne se limite pas aux comptes bancaires. Les terrains portuaires constituent également un point central de l’enquête et de l’audit. L’un des dossiers à l’étude concerne les 2 400 hectares de terrains du port Shahid Rajaei. Salehi a soulevé des questions quant à la manière dont ces terrains ont été attribués et gérés. Il convient également d’examiner les qualifications des investisseurs ainsi que le respect de leurs engagements. Toutefois, le rapport d’audit met en lumière un point encore plus crucial.
Selon ce rapport, 676 hectares sur les 2 400 hectares en question étaient occupés par des tiers. Le document signale par ailleurs l’absence de titres de propriété pour une partie des terrains gagnés sur la mer dans plusieurs ports, une superficie totale estimée à 821,3 hectares.
Enquête et audit : pourquoi les réponses se font-elles attendre ?
Un autre volet majeur de l’affaire de corruption portuaire concerne la lenteur des procédures d’enquête et d’audit. Salehi a indiqué que la demande était en attente depuis 2024. Selon lui, des réunions ont eu lieu avec les anciens dirigeants de l’Organisation des ports et des affaires maritimes ; toutefois, les documents réclamés par les législateurs n’ont pas été fournis. Si ces affirmations sont exactes, le problème ne se limite pas à des malversations financières : il met également en cause la responsabilité des dirigeants et des institutions concernées.
À cet égard, un expert du secteur du transport maritime a lui aussi remis en question l’issue de l’enquête et de l’audit menés en 2024 concernant l’Organisation des ports et des affaires maritimes. Il avait souligné la nécessité de transparence et de responsabilité de la part des dirigeants de l’organisation.
Il ne s’agit plus ici de simples questions de gestion courante. L’enjeu concerne le sort des ressources publiques et la responsabilité de ceux qui sont chargés de les superviser.

