La première chambre du Tribunal révolutionnaire d’Ispahan a prononcé des peines de mort à l’encontre de 10 personnes arrêtées lors des manifestations de janvier, dans le cadre de l’affaire dite de la « place Shohada d’Ispahan ». Six autres accusés dans ce dossier ont également été condamnés à de lourdes peines de prison. Des sources liées aux droits humains font état de restrictions concernant l’accès des avocats au dossier, d’actes de torture durant les interrogatoires et de l’absence d’enquête appropriée sur la plainte déposée par l’une des femmes détenues concernant une agression sexuelle subie en détention.
Selon un rapport du site *Bazdashtshodegan*, ces condamnations ont été prononcées en première instance. Les 10 accusés — Taraneh Rahimi, Navid Elyasi, Abolfazl Dadgostar, Mehdi Mansouri, Ahmadreza Saeedi, Mehrdad Boeri, Mohammadmehdi Asadi, Armin Gholami, Parsa Jafari et Mehdi Jafari (également connu sous le nom de Mehdi Khosravi) — ont été condamnés à mort.
Six autres accusés ont également écopé de lourdes peines de prison. Selon les informations disponibles, Romina Rahimi et Milad Boeri ont chacun été condamnés à 25 ans de prison, Hamed Mehralian à 15 ans, tandis que Setayesh Saedi, Sajjad Abedi et Ali Boeri ont chacun été condamnés à cinq ans d’emprisonnement.
L’affaire concerne le soulèvement de janvier 2026 dans le quartier de la place Shohada, à Ispahan. Seize personnes ont été arrêtées en lien avec ces événements et jugées pour des chefs d’accusation tels que « mener une guerre contre Dieu », « rassemblement et collusion », « destruction de biens publics » et « activités de propagande contre le régime ».
Prononcé de peines de mort iniques à l’encontre de 10 jeunes issus du mouvement de contestation
L’un des aspects les plus troublants de cette affaire réside dans le fait que, malgré la mort de deux personnes lors des événements de la place Shohada — un membre du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et un sans-abri —, les actes d’accusation ne retiennent pas l’accusation directe d’homicide à l’encontre des prévenus. De plus, les documents judiciaires ne contiennent aucune preuve directe établissant le rôle des accusés dans ces décès.
Par ailleurs, Ahmadreza Saeedi a déclaré devant le tribunal avoir été torturé au cours de son interrogatoire. Des rapports indiquent également que l’une des accusées a déposé plainte pour agression sexuelle alors qu’elle était en détention ; selon des sources spécialisées dans les droits humains, cette plainte n’a pas fait l’objet d’une enquête effective avant le prononcé des peines. Les avocats de la défense avaient par ailleurs dénoncé l’impossibilité d’accéder à certaines parties du dossier ainsi que le délai insuffisant accordé pour préparer la défense.
Le prononcé de dix condamnations à mort dans cette affaire — bien que ces peines aient été prononcées en première instance — a suscité de vives inquiétudes quant à la procédure judiciaire et au risque d’exécution de ces sentences.
Il convient de rappeler que, dans une autre affaire connue sous le nom d’affaire de la place Alikhani à Ispahan, dix jeunes ayant participé au soulèvement avaient également été condamnés à mort, et que les peines de cinq d’entre eux ont, à ce jour, été exécutées.

