Le service de renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a publié un communiqué mettant en garde contre la possibilité d’une nouvelle vague de manifestations en Iran. Cet avertissement survient alors que les pressions économiques et les difficultés liées aux conditions de vie s’accentuent pour la population, et que des problèmes tels que la hausse des prix, la baisse du pouvoir d’achat, l’envolée du cours du dollar et les pénuries d’essence ont intensifié le mécontentement social.
Un manifestant de 25 ans condamné à mort à la prison de Vakilabad, à Machhad #IranHumanRightshttps://t.co/dsJGs9I3io
— Iran Focus (@Iran_Focus) August 27, 2026
Dans un communiqué publié jeudi 27 août dans l’après-midi, le service de renseignement du CGRI a accusé les États-Unis et Israël d’élaborer un plan visant à « exercer une pression de l’intérieur » sur le régime iranien, affirmant que cette stratégie fait suite à « l’échec des tentatives de changement de gouvernement en Iran par des attaques militaires ». L’organisme de sécurité a également écrit : « Les opposants à la République islamique sont en train de modifier leur stratégie. »
Toutefois, l’élément le plus marquant de ce communiqué est la reconnaissance implicite de l’existence de conditions internes propices aux manifestations. Le service de renseignement du CGRI a cité « l’activation de foyers de crise, la guerre psychologique, les troubles sur les marchés monétaires et financiers ainsi que les opérations portant atteinte à la sécurité » comme des options que « l’ennemi » pourrait utiliser pour « gérer le dossier iranien », alors même qu’une part importante des crises actuelles découle avant tout des politiques intérieures et de la gestion du régime iranien.
Inquiétude face à la formation de foyers de crise
L’organisme de sécurité a également désigné « l’exagération et l’exploitation de certaines faiblesses internes, pénuries et limites dans la gestion du pays » ainsi que « l’incitation de la population à porter son mécontentement dans la rue » comme des éléments clés des plans attribués à « l’ennemi ».
La hausse du coût de la vie, la baisse du pouvoir d’achat, les problèmes d’approvisionnement en carburant et la pression économique croissante figurent parmi les difficultés auxquelles la population est confrontée au quotidien. Dans ce contexte, le mécontentement social — bien avant toute incitation extérieure — résulte directement de l’accumulation de problèmes et de l’incapacité du régime iranien à répondre aux besoins fondamentaux de la société.
Le service de renseignement du CGRI a également fait part de sa disposition à faire face à d’éventuelles manifestations, indiquant qu’il a placé au cœur de ses priorités « l’orientation [de la population] et la lutte contre toute action compromettant la paix, la solidarité et la cohésion nationale ». En pratique, cette partie de la déclaration montre que l’appareil de sécurité du régime iranien redoute avant tout l’émergence de contestations internes et la transformation d’un mécontentement diffus en manifestations de rue.
Ces derniers jours, parallèlement à la hausse du cours du dollar et aux pénuries d’essence, les mises en garde des responsables du régime et des médias officiels concernant une éventuelle nouvelle vague de contestation se sont multipliées. Ces avertissements répétés témoignent de l’inquiétude des appareils de sécurité iraniens face au profond mécontentement social et à la possibilité d’une résurgence de manifestations et de soulèvements populaires.
Il convient de rappeler que la crise redoutée par-dessus tout par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) est la mutation des revendications liées aux conditions de vie et aux questions professionnelles en revendications politiques. Le régime a déjà connu cette situation lors de précédents soulèvements et cherche à éviter qu’elle ne se reproduise.

