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Téhéran pousserait ses hommes au sein d’al-Qaida

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Le Figaro, 15 novembre – par Georges Malbrunot – Les radicaux iraniens veulent hisser Saïf al-Adel au poste de numéro 3 d’al-Qaida, selon le Daily Telegraph.

La République islamique chercherait à promouvoir une nouvelle génération de dirigeants d’al-Qaida, susceptibles de prendre le contrôle du réseau terroriste, en cas de disparition d’Oussama Ben Laden. C’est en tout cas ce que croit savoir le quotidien britannique Daily Telegraph, qui cite des responsables de services de renseignements occidentaux, sans toutefois préciser leur nationalité.

L’homme des Iraniens serait Saïf al-Adel, un Égyptien de 46 ans, qui aurait vécu en résidence surveillée à Téhéran, après avoir fui l’Afghanistan fin 2001, à la suite de l’intervention des alliés dans ce pays. Toujours selon le Daily Telegraph, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, essaierait de persuader les responsables d’al-Qaida de hisser al-Adel au rang de numéro trois de cette organisation, derrière Ben Laden et Ayman al-Zawahiri.

LE PRAGMATISME IRANIEN

Infos ou intox ? Ces affirmations renvoient au chapitre opaque des relations entre la mouvance terroriste et l’Iran. A priori, tout les sépare. Al-Qaida regroupe des djihadistes sunnites, violemment antichiites, comme on le voit pratiquement tous les jours dans les attentats perpétrés en Irak contre les « disciples d’Ali » par des extrémistes arabes. De son côté, Téhéran se voit comme le défenseur exclusif des chiites à travers le monde. « Entre eux, les différences idéologiques sont grandes », assure Walter Posch, spécialiste de l’Iran à l’Institut d’études de sécurité de Paris, qui doute des « révélations » du Daily Telegraph.

Mais pour tout ce qui concerne les réseaux terroristes, le pragmatisme gomme souvent les divergences idéologiques. Menacés par les Occidentaux, Téhéran et al-Qaida pourraient être tentés de s’allier tactiquement pour se sanctuariser.

Tel est l’argument de ceux qui assurent que le régime iranien abrite certains hauts responsables et plusieurs douzaines de cadres opérationnels d’al-Qaida, pour les utiliser comme monnaie d’échange lors d’un marchandage avec les Américains sur le dossier nucléaire. Bénéficieraient ainsi du parapluie iranien, au moins un des fils de Ben Laden, Saad, ainsi donc que Saif al-Adel.

Toujours selon ces mêmes sources, les gardiens de la révolution islamique offriraient un appui logistique à certains membres du réseau al-Qaida, dans la province iranienne du Balouchistan, à la frontière du Pakistan et de l’Afghanistan. « Il y a effectivement de nombreux fondamentalistes sunnites dans le Balouchistan qui se réclament d’al-Qaida, ajoute Walter Posch, mais ils sont persans ou balouchs. »

DES LIENS PERSONNELS

Après la chute des talibans en Afghanistan, plusieurs cadres d’al-Qaida ont transité par l’Iran pour se rendre en Irak. Ce fut le cas notamment d’Abou Moussab al-Zarqaoui, le chef du réseau terroriste en Irak, jusqu’à sa liquidation cette année par les Américains. Dans sa fuite, Zarqaoui a indiscutablement bénéficié d’appuis iraniens. Et puis Téhéran a aussi aidé al-Ansar al-Sunna, un groupe terroriste irakien, qui a fait allégeance à al-Qaida, et dont certains militants ont pu franchir la frontière iranienne pour aller se faire soigner. En revanche, sur les liens opérationnels entre le noyau dur d’al-Qaida en Irak et Téhéran, les services de renseignements peinent à rassembler des preuves.

Ainsi accusée, l’Iran dément sponsoriser ou abriter des membres d’al-Qaida. En revanche, Téhéran reconnaît volontiers en avoir arrêté 5 000 et les avoir livrés à leur pays d’origine depuis 2001. « Je ne pense pas qu’un seul pays nous dépasse (dans la lutte contre al-Qaida), déclarait l’an dernier l’ancien secrétaire du conseil de sécurité nationale, Hassan Rohani.

« Les liens entre l’Iran et al-Qaida vont beaucoup plus loin que la simple fourniture en équipements, comme on le pensait », a déclaré au Daily Telegraph un responsable des services de renseignements occidentaux.

Tout autant qu’un partage d’objectifs, les liens personnels expliquent souvent les alliances entre parrains du terrorisme. De son vrai nom Mohamed Mekkaawi, Saif al-Adel est un ancien officier des forces spéciales égyptiennes qui, dans la foulée de son compatriote Zawahiri, a rejoint les rangs d’al-Qaida dans les années 1980 pour lutter contre les Soviétiques en Afghanistan. Il occuperait aujourd’hui des fonctions importantes dans le comité militaire de la mouvance terroriste. Et en 2004, il aurait rencontré Zarqaoui en Iran, permettant ainsi l’adoubement du Jordanien au réseau Ben Laden.

Si les dirigeants d’al-Qaida acceptent Saif al-Adel comme numéro 3, ainsi que d’autres responsables favorables à Téhéran au sein de l’organisation, les Iraniens leur fourniraient alors des équipements et une assistance pour leur entraînement, croit savoir le Daily Telegraph.

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