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Londres mobilise ses alliés pour ses 15 marins détenus en Iran

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Reuters, 29 mars – La Grande-Bretagne se tourne vers l’Onu et l’Union européenne dans le cadre de ses efforts pour obtenir la libération de quinze marins britanniques détenus depuis près d’une semaine en Iran.

A Téhéran, un responsable militaire a annoncé que la libération du matelot Faye Turney – seule femme du groupe en captivité – était « suspendue ». Mercredi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, avait annoncé qu’elle serait libérée « le plus tôt possible ».

« La libération de la femme soldat britannique a été suspendue », écrit l’agence Mehr qui cite le commandant Alireza Afshar. « Le comportement erroné de ceux qui vivent à Londres en est à l’origine », a ajouté ce dernier.

« Nous sommes surpris que le gouvernement britannique, au lieu d’enquêter sur cette affaire d’un point de vue technique et juridique, ait fait de cet incident un événement médiatique », avait dit un peu plus tôt dans la journée Ali Larijani, secrétaire du Conseil national suprême de sécurité.

Le « comportement erroné » que Téhéran reproche à Londres vise les efforts menés par le gouvernement Blair pour « internationaliser » l’affaire.

Au ministère britannique des Affaires étrangères, on espère que les quinze membres du Conseil de sécurité des Nations unies signeront dans la journée une déclaration déplorant la captivité des marins et fusiliers-marins détenus depuis le 23 mars.

De sources gouvernementales, on précise que les autorités britanniques évoqueront également des mesures concrètes de soutien lors du conseil des ministres européens des Affaires étrangères, qui s’ouvre vendredi à Brême.

La capture des quinze militaires britanniques coïncide avec une augmentation des tensions entre l’Iran et les pays occidentaux liées au contentieux sur les ambitions nucléaires de Téhéran.

L’adoption de nouvelles sanctions par le Conseil de sécurité de l’Onu à laquelle s’ajoutent, outre la crise des marins britanniques, la présence dans le Golfe de bâtiments de la marine américaine, dont deux porte-avions, font craindre une escalade dans la région. Ce contexte de tensions s’illustre dans la hausse des prix du pétrole, à leur plus haut sur les six mois écoulés.

« AUCUNE RÉPONSE CLAIRE »

Les autorités britanniques ont gelé toutes les relations avec l’Iran et se trouvent en première ligne dans le dossier du nucléaire iranien. Mais elles affirment qu’elles ne cherchent pas la confrontation avec Téhéran mais qu’elles veulent trouver le plus rapidement possible une solution à la crise.

Leur ambassadeur à Téhéran, Geoffrey Adams, s’est entretenu dans la journée avec un haut fonctionnaire du ministère iranien des Affaires étrangères. Il s’agit de sa sixième rencontre de ce type depuis le début de la crise.

« Les Iraniens ne sont toujours pas en mesure de fournir des réponses claires à nos questions. Il n’y a toujours pas un mot sur un accès aux détenus, sur leur libération ou même sur le lieu où ils se trouvent. C’est extrêmement décevant », a dit à Reuters un diplomate britannique à l’issue de cette rencontre.

Dès mercredi, le gouvernement britannique a interdit les visas et suspendu toute forme d’assistance aux transactions commerciales et aux relations d’affaire avec des entreprises iraniennes. Ses partenaires occidentaux n’ont pas embrayé, mais Washington et l’UE ont affiché un soutien clair à Londres.

Pour Mark Fitzpatrick, chercheur à l’Institute for Strategic Studies de Londres, le gouvernement britannique va tenter dans un premier temps d’amener ses partenaires à prendre des mesures similaires. « Cela ne requerrait pas de leur part qu’ils interrompent leurs relations commerciales avec l’Iran ni qu’ils prennent d’autres mesures qui affecteraient leurs relations économiques. Stopper les contacts officiels en solidarité avec la Grande-Bretagne serait simple », ajoute-t-il.

Le ministère britannique de la Défense a rendu publics mercredi les relevés de positionnement satellite démontrant selon lui que les marins britanniques se trouvaient dans les eaux territoriales irakiennes au moment de leur capture, dans le Chatt el Arab.

Téhéran, qui affirme pour sa part qu’ils se trouvaient dans les eaux iraniennes, a dit être en possession de documents et de vidéo prouvant que les Britanniques ont pénétré « en six endroits » dans les eaux iraniennes.

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