Iran and its NeighboursIrakProchaines heures "cruciales" dans la crise irano-britannique ?

Prochaines heures « cruciales » dans la crise irano-britannique ?

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Reuters, Londres, 3 avril – Par David Clarke – La journée de mercredi pourrait s’avérer cruciale pour un éventuel dénouement de la crise entre Londres et Téhéran au sujet des 15 matelots et fusiliers-marins britanniques enlevés le 23 mars dans les eaux du Chatt al Arab par des Gardiens de la révolution iraniens.

Tout en affichant la plus grande fermeté, les deux capitales ont fait part ces dernières heures de leur souci de régler « à l’amiable » cet incident, qui a fait grimper les cours du pétrole à un plafond de six mois avant qu’ils ne refluent d’un dollar mardi.

Ce renversement de tendance est dû à une intervention du Premier ministre britannique Tony Blair, qui a jugé « la voie libre » pour une solution diplomatique, tandis que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad reportait de 24 heures une intervention sur la crise.

La veille, les perspectives d’un dénouement après 12 jours de tension avaient été esquissées par le chef du Conseil de sécurité nationale iranien Ali Larijani, qui avait déclaré à la télévision britannique que l’affaire des captifs pouvait être réglée hors de tout « sensationnalisme ».

« Nous ne cherchons pas l’affrontement là-dessus et le plus important est de ramener (les captifs) sains et saufs », a renchéri mardi Blair au micro d’une radio écossaise, en ajoutant: « Les prochaines 48 heures seront cruciales. »

Ces derniers jours, la télévision iranienne avait fait monter la tension en diffusant des images des 15 militaires britanniques censés avouer avoir été capturés dans les eaux territoriales de l’Iran, ce que Londres nie, mais que Téhéran exige qu’il reconnaisse.

VIEUX LION

Affirmant que ses soldats sont tombés dans un guet-apens iranien dans les eaux irakiennes, la Grande-Bretagne exclut de fournir des excuses mais accepterait de garantir que sa marine ne procéderait à l’avenir à aucune incursion délibérée dans la partie iranienne du Chatt al Arab.

« Il semble que la Grande-Bretagne a évolué un peu dans sa position au cours des dernières 24 ou 48 heures à propos de faits incontestables et qu’elle en a un peu rabattu », a estimé lundi le commentateur des images des captifs que Londres s’abstient de qualifier d' »otages ».

« Si cette tendance se confirme, on peut espérer que la question sera résolue dans le sens des exigences logiques de l’Iran, dans un cadre bilatéral, loin des cris et des vociférations », avait-il assuré.

Les analystes occidentaux estiment toujours possible que l’aile dure du régime de Téhéran, dont Ahmadinejad est un des principaux tenants, puisse encore faire dérailler une éventuelle solution à l’amiable.

Mais ils notent que l’issue de la crise dépendra du seul bon vouloir de l’ayatollah Ali Khamenei, le Guide suprême de la Révolution islamique, qui n’a pour le moment soufflé mot sur cette affaire.

Le président Ahmadinejad s’est quant à lui exprimé à plusieurs reprises, reprochant notamment à la Grande-Bretagne de n’avoir pas présenté d’excuses en bonne et due forme après son incursion présumée et de se comporter de façon irrationnelle.

Si Ahmadinejad a repoussé de 24 heures une conférence de presse prévue mardi, « à la demande des journalistes », le premier vice-président iranien Parviz Davoudi a, lui, réitéré que la crise pourrait être rapidement réglée si Londres confirmait son « changement d’attitude ».

A l’image, semble-t-il, du régime, la presse iranienne se partage mardi entre journaux jusqu’au-boutistes, qui prônent l’épreuve de force avec « le vieux lion britannique qui a perdu toutes ses griffes », et quotidiens modérés, qui préconisent la sagesse face à une « provocation délibérée » de Londres.

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