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Hariri: le Liban n’a pas le pouvoir d' »arrêter » le tribunal de l’ONU (Kerry)

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AFP : Le sénateur américain John Kerry a affirmé lundi à Beyrouth que le Liban n’avait pas le pouvoir d' »arrêter » le tribunal de l’ONU chargé d’enquêter sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri.

Cette déclaration intervient alors que le Hezbollah, qui dit s’attendre à sa mise en cause par le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), a appelé à boycotter le tribunal qu’il accuse d’être « politisée » et « à la solde d’Israël ».

Le Premier ministre Saad Hariri (fils de Rafic), soumis à de fortes pressions du Hezbollah –mouvement politique et militaire le plus puissant au Liban– pour cesser toute coopération avec le TSL–, a réaffirmé son soutien au tribunal.

« Le Premier ministre Hariri n’a pas le pouvoir d’arrêter le tribunal. Le Liban n’a pas le pouvoir d’arrêter le tribunal, car celui-ci a été créé par les Nations unies, à la demande de ce pays », a déclaré M. Kerry après une rencontre avec M. Hariri.

« Ceux qui tentent d’en faire un problème, ceux qui s’y opposent, doivent bien réfléchir à l’application de la loi (…) au-delà de la capacité du Premier ministre à influencer (le cours des choses) ».

Le sénateur américain, dont le pays considère le Hezbollah comme une organisation terroriste, a rejeté les accusations du parti chiite, selon qui les Etats-Unis utilisent le TSL comme un « instrument » pour le détruire.

« Les Etats-Unis ne savent pas ce qui se passe au sein du Tribunal. Nous n’avons rien à voir avec la gestion du TSL », a dit M. Kerry, président de la commission des Affaires étrangères du Sénat.

Samedi à Beyrouth, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner avait également affirmé qu’il n’était « pas possible » que le Liban cesse sa coopération avec le TSL.

Le 5 novembre, le Conseil de sécurité de l’ONU a réaffirmé son soutien à l’enquête.

Après sa visite à Beyrouth, M. Kerry s’est rendu lundi soir en Syrie, ancienne puissance de tutelle au Liban, pour rencontrer le président Bachar al-Assad.

Lors de leur rencontre, M. Assad a exprimé « le souhait de la Syrie d’instaurer une paix juste et globale dans la région » et estimé que « le véritable problème résidait dans la partie israélienne qui rejette la paix », selon l’agence syrienne Sana.

M. Kerry a pour sa part souligné « l’importance » de poursuivre le dialogue avec Damas « pour consolider la sécurité et la stabilité et pour réaliser la paix » au Proche-Orient, selon Sana.

Il avait peut auparavant exprimé à Beyrouth le souhait que « la Syrie soit une force constructive en vue de la paix, avec le Liban, avec Israël, dans la région, pour nous aider à relever les défis liés à l’Iran », alliée de Damas. « Si elle agit ainsi, la Syrie aura beaucoup à gagner de ses relations avec les Etats-Unis et l’Occident ».

M. Kerry avait également souhaité qu’un ambassadeur des Etats-Unis prenne prochainement ses fonctions à Damas. « Cela dépend en quelque sorte de l’attitude de la Syrie », avait-il toutefois prévenu.

Les Etats-Unis accusent la Syrie et l’Iran d’armer le Hezbollah, qui selon eux exerce une influence « destructrice et déstabilisante » dans la région.

Les relations entre Washington et Damas se sont légèrement améliorées avec l’arrivée du président Barack Obama au pouvoir. Elles s’étaient fortement dégradées après l’invasion de l’Irak en 2003 et l’assassinat de Hariri en 2005, dans lequel la Syrie avait été accusée d’avoir joué un rôle, ce qu’elle a toujours nié.

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