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Le rapport annuel d’Amnesty International met en garde contre les violations systématiques des droits humains en Iran

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Amnesty International a publié son rapport annuel 2024 le 29 avril, détaillant les violations des droits humains en Iran.

Ce rapport annuel 2024 d’Amnesty International sur la situation des droits humains en Iran fait état de violations généralisées et systématiques des droits fondamentaux dans le pays. Il souligne que le régime iranien a continué de réprimer la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique au cours de l’année écoulée et a procédé à des centaines d’exécutions arbitraires. Parmi les victimes de cette répression figuraient des femmes, des enfants, des membres de minorités religieuses et ethniques, des migrants et des demandeurs d’asile.

Amnesty International a recensé des cas d’arrestations arbitraires, de torture, d’amputations, de flagellation, de procès inéquitables et de recours généralisé à la peine de mort, même contre des mineurs délinquants. De plus, les responsables du régime ont refusé de poursuivre les auteurs de crimes tels que le massacre de prisonniers politiques de 1988, et leurs auteurs ont bénéficié de l’impunité.

Selon le rapport : « L’impunité systémique a prévalu pour les crimes contre l’humanité passés et présents, liés aux massacres de prisonniers de 1988 et à d’autres crimes de droit international.»

Le rapport critique l’impunité systémique dont jouissent les responsables du régime iranien concernant les crimes passés et présents et souligne que les efforts déployés pour faire la lumière sur des affaires telles que la destruction de l’avion ukrainien ou le massacre de 1988 n’ont pas encore porté leurs fruits.

En matière de libertés civiles, le régime iranien a sévèrement restreint l’espace public par une censure massive des médias, le blocage des plateformes sociales et l’interdiction des activités politiques et syndicales. Des militants syndicaux, des enseignants et des travailleurs ont été victimes de harcèlement pour avoir manifesté pacifiquement. Le plan dit de « Protection du cyberespace » et le renforcement des mesures de sécurité suite au décès de l’ancien président du régime, Ebrahim Raïssi, ont également été cités comme des signes d’une répression accrue.

Amnesty International a ajouté : « Les autorités ont censuré les médias, brouillé les chaînes de télévision par satellite et continué de bloquer ou de filtrer les applications mobiles et les plateformes de réseaux sociaux. »

Dans les centres de détention, des rapports font état de disparitions forcées dans des centres secrets et de tortures visant à extorquer des aveux. Ces aveux ont continué d’être diffusés par les médias d’État, et les détenus politiques se sont vu refuser des soins médicaux. Les établissements psychiatriques ont également été utilisés pour réprimer la dissidence.

Le rapport indique : « Plusieurs personnes détenues arbitrairement pour des raisons politiques dans des établissements psychiatriques ont été soumises à la torture et à d’autres mauvais traitements, notamment par l’administration forcée de médicaments.»

En matière de droits des femmes et des filles, la discrimination structurelle persiste dans des domaines tels que le mariage, l’héritage et l’emploi. Les femmes qui défiaient les lois sur le port obligatoire du hijab encouraient des sanctions allant jusqu’à l’emprisonnement et la flagellation. L’application du hijab a été intensifiée grâce à la technologie de reconnaissance faciale et à la surveillance numérique, et les femmes ont été victimes de violences dans l’espace public.

Les minorités ethniques et religieuses ont continué de faire l’objet de discriminations structurelles, d’arrestations arbitraires et de violences. Des groupes tels que les Kurdes, les Baloutches et les Arabes se sont vu refuser l’accès à l’éducation, à l’emploi et aux services publics. Les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des porteurs transfrontaliers et des transporteurs de carburant. Les bahá’ís, les chrétiens et d’autres minorités religieuses ont été confrontés à des confiscations de biens, à des arrestations et à la destruction de sites religieux.

En matière d’exécutions et d’impunité, des centaines d’exécutions ont eu lieu pour des infractions sans rapport avec les « crimes les plus graves », notamment des accusations liées aux stupéfiants et la dissidence politique. Les minorités, en particulier les Baloutches et les Afghans, étaient les plus exposées au risque d’exécution. Même des mineurs ont été exécutés pour des crimes commis alors qu’ils étaient mineurs, en violation du droit international.

Enfin, le rapport d’Amnesty International souligne l’échec et la négligence du régime iranien dans la gestion de la crise environnementale. L’assèchement des ressources en eau, la pollution de l’air et des sols, et le mépris des communautés marginalisées, comme celles des provinces du Khouzistan et du Sistan-Baloutchistan, ont contribué à la mort de milliers de personnes et à une crise humanitaire généralisée.

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