Au cours de la soixante-quinzième semaine de la campagne « Non aux mardis des exécutions », les prisonniers politiques de 47 prisons iraniennes ont une fois de plus élevé la voix contre l’escalade des exécutions et la répression systématique en entamant une grève de la faim. Dans une déclaration, ils ont mis en garde contre la vague d’exécutions et d’arrestations récentes, ont évoqué l’exécution de trois kolbars kurdes (passeurs frontaliers), le déni de procès équitable aux détenus et le transfert de prisonniers de la prison d’Evin vers Qarchak et la prison du Grand Téhéran. Voici le texte intégral de la déclaration :
Le régime corrompu et répressif poursuit ses exécutions arbitraires et sa répression systématique en réponse aux soulèvements et aux manifestations. Rien qu’entre le 22 et le 26 juin, au moins 17 prisonniers, dont une femme, ont été exécutés. Depuis le 21 mars 2025 (début du Nouvel An iranien), au moins 424 personnes ont été pendues. La semaine dernière seulement, 18 prisonniers ont été exécutés – un chiffre effroyable sans précédent ces dernières années.
La récente loi adoptée par le Majlis (Parlement) du régime iranien visant à intensifier la répression et à multiplier les exécutions – ciblant notamment les dissidents et les prisonniers politiques –, ainsi que le rythme croissant des exécutions, témoignent d’une société explosive et d’un régime répressif et illégitime qui sacrifie le « droit à la vie » de ses citoyens pour préserver sa propre survie.
Mercredi dernier, le régime iranien a exécuté trois kolbars kurdes – Azad Shojaei, Edris Ali et Rasoul Ahmad Mohammad – accusés d’espionnage, dans le cadre d’une procédure opaque et injuste.
Ces dernières semaines, une vague d’arrestations massive a eu lieu dans plusieurs villes d’Iran sous de faux prétextes politiques et sécuritaires, suscitant de vives inquiétudes quant au sort des détenus. On craint que nombre d’entre eux ne soient confrontés à de lourdes accusations et privés de leur droit à un procès équitable.
Dans ces circonstances, la vie des prisonniers politiques condamnés à mort est plus que jamais en danger. Nous, membres de cette campagne, aux côtés du peuple iranien, exigeons l’abolition de la peine de mort et la libération de tous les prisonniers politiques et idéologiques.
La campagne « Non aux mardis des exécutions » appelle la communauté internationale, les organisations de défense des droits humains et toutes les consciences éveillées à se faire les porte-parole des prisonniers condamnés à mort. N’oublions pas que le régime tyrannique a non seulement failli à sa mission de protection des prisonniers en temps de guerre et de bombardements, mais qu’aujourd’hui, après la fin de la crise, il cherche à se venger de la population et des prisonniers. Nous exhortons également les familles des détenus, en particulier celles dont les proches ont été récemment arrêtés, à ne pas garder le silence. Publiez leurs noms et exigez leur libération inconditionnelle.
Il convient de noter qu’avec la fermeture de la prison d’Evin et le transfert de ses détenus vers les prisons du Grand Téhéran et de Qarchak, Qarchak sera désormais citée comme substitut d’Evin parmi les prisons en grève de la faim de cette campagne.
Le mardi 1er juillet, les prisonniers politiques de la campagne « Non aux mardis des exécutions » poursuivront leur grève de la faim dans 47 prisons pour la soixante-quinzième semaine.

