Les médias d’État iraniens ont rapporté, mardi 28 juillet, que le régime iranien avait procédé à l’exécution d’Abolfazl Sepahi Badjani et d’Amirhossein Safari Hosseinabadi en lien avec les manifestations de janvier 2026 à Malek Shahr, un quartier d’Ispahan.
Avec ces exécutions, quatre des douze accusés dans cette affaire à Ispahan ont désormais été exécutés.
🚨 #Iran : deux jeunes manifestants exé*cutés publiquement, dix autres menacés d’une exé*cution imminente
Ce matin, Abolfazl Sepahi, 23 ans, et Amir-Hossein Safari, 27 ans, ont été pen*dus publiquement en Iran. Ces deux jeunes hommes faisaient partie de l’affaire dite de la «… https://t.co/BH0glbwyH6 pic.twitter.com/7SvIGd58yg— csdhi.org (@CSDHI) July 28, 2026
La nouvelle de l’exécution de ces deux accusés supplémentaires, impliqués dans ce que l’on appelle l’affaire de la place Alikhani à Ispahan, a été diffusée alors que de nombreux messages et vidéos sur les réseaux sociaux montraient des rassemblements nocturnes de personnes protestant contre ces exécutions, au moment même de l’appel à la prière de l’aube.
Les agences de presse étatiques Fars et Mehr ont publié des informations identiques indiquant que les exécutions avaient eu lieu en public sur la place Alikhani.
Les médias d’État, dont l’agence Mizan (affiliée au pouvoir judiciaire iranien), ont présenté ces deux hommes comme faisant partie des « responsables de la mort de quatre agents des forces de l’ordre » sur la place Alikhani d’Ispahan, affirmant que, lors des manifestations du 8 janvier, ils avaient « blessé ces agents et mis le feu à leurs corps ».
L’affaire concerne les événements du 8 janvier aux abords de la place Alikhani, où, selon les autorités du régime iranien, quatre membres de la force paramilitaire Bassidj et des unités spéciales de la police ont été tués.
À la suite de ces décès, 59 personnes ont été arrêtées à Ispahan et une vaste procédure pénale a été ouverte à leur encontre.
Parallèlement, plusieurs témoignages de citoyens et des vidéos publiés sur les réseaux sociaux tôt mardi montraient un grand nombre de personnes rassemblées dans les rues proches du lieu de l’exécution pour protester, dans un contexte de forte présence policière et de tensions accrues.
Certaines vidéos montrent des manifestants scandant « Sans honte, sans honte » alors que l’appel à la prière de l’aube retentissait pendant les exécutions et que les forces de sécurité circulaient à moto au milieu de la foule.
Des informations ont également circulé sur les réseaux sociaux faisant état d’affrontements entre manifestants et unités spéciales de la police sur les lieux, ainsi que de perturbations d’Internet dans tout Ispahan. Radio Farda a indiqué ne pas être en mesure de vérifier ces informations de manière indépendante. Les exécutions ont eu lieu tôt dans la matinée du mardi 28 juillet 2026, quelques heures seulement après que Mai Sato, Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Iran, a annoncé qu’un groupe d’experts de l’ONU avait exhorté le régime iranien à annuler immédiatement les condamnations à mort des dix autres jeunes hommes accusés dans cette affaire à Ispahan.
🚨Pendaison publique de deux jeunes manifestants à Ispahan ce mardi 28 juillet 2026
🚨 URGENT – La population, en colère, a scandé des slogans contre le régime et ses agents sur la place Alikhani à Ispahan, notamment : « Bi Sharaf ! » (« Sans honneur ! » ou « Salauds ! »).
Des… pic.twitter.com/vAXLfjM9NL
— Afchine Alavi (@afchine_alavi) July 28, 2026
Auparavant, la Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur l’Iran, mandatée par l’ONU, avait également appelé le système judiciaire iranien à suspendre les exécutions de manifestants arrêtés lors des manifestations de janvier, y compris les accusés de cette affaire.
Les douze manifestants arrêtés à Ispahan, âgés de la fin de l’adolescence ou du début de la vingtaine au moment de leur arrestation, avaient été condamnés à mort lors d’un procès collectif à huis clos. Avant les deux hommes exécutés mardi matin, deux autres — Gol Mohammad Mohammadi et Erfan Esfandiari — avaient été exécutés le 19 juillet.
Selon les experts, le procès collectif à huis clos des accusés a violé les normes relatives à un procès équitable. Ils affirment que les condamnations à mort reposaient sur des aveux forcés diffusés à la télévision d’État, alors que les chefs d’accusation et la responsabilité pénale individuelle de chaque accusé n’avaient pas été clairement établis.

