Des informations en provenance de la prison d’Evin indiquent que, dans la matinée du samedi 1er août, des agents de sécurité de la prison ont fait une incursion dans le quartier n° 7, agressé trois prisonniers politiques — Amirhossein Moradi, Ehsan Rostami et Afshin Heyratian — et les ont extraits de force du quartier avant de les transférer vers un lieu inconnu. Aucune information n’a encore été communiquée concernant leur état de santé ou le lieu où ils se trouvent.
Selon des sources bien informées, l’opération a eu lieu vers 11 h 30 dans la section réservée aux prisonniers politiques du quartier n° 7 de la prison d’Evin, située à Téhéran. Les agents pénitentiaires sont entrés dans le quartier sans fournir d’explication ni présenter de mandat et ont eu recours à la force pour séparer les trois prisonniers politiques des autres détenus.
Selon des témoins, les agents ont violemment frappé les trois prisonniers. Au cours de l’agression, leurs vêtements ont été déchirés et des blessures visibles ont été constatées sur leurs corps. Les témoins ont également rapporté que l’atmosphère à l’intérieur du quartier était extrêmement tendue tout au long de l’opération.
Transfert vers un lieu inconnu
Selon le rapport, Amirhossein Moradi, Ehsan Rostami et Afshin Heyratian ont été extraits de force du quartier après avoir été frappés, puis transférés vers un lieu inconnu.
Au moment de la publication de ces informations, les autorités pénitentiaires n’avaient fourni aucune explication quant au motif du transfert ou au lieu de détention des trois prisonniers. Leurs familles et leurs avocats ignorent également tout de leur état de santé ou de leur sort, ce qui suscite des inquiétudes quant à leur sécurité et au risque de nouveaux mauvais traitements.
Qui sont les trois prisonniers transférés ?
Amirhossein Moradi est étudiant à l’Université de technologie de Sharif, l’une des plus prestigieuses universités d’Iran. Ehsan Rostami est un prisonnier politique, et Afshin Heyratian est un militant pour les droits de l’enfant qui a déjà fait l’objet de poursuites judiciaires en raison de ses activités en faveur des droits civiques et humains.
Le transfert simultané des trois prisonniers, sans aucune explication officielle, soulève des questions quant aux motifs de cette opération et à leur situation actuelle.
Responsables pénitentiaires présents lors de l’opération
Selon des sources informées, l’opération de transfert a été menée en présence de plusieurs responsables de la prison d’Evin. D’après le rapport, étaient présents : Yousefi, le responsable adjoint chargé des questions de santé de la prison ; Fathollahi, le chef des agents de sécurité ; Sadeghi (responsable de la sécurité), Rostami (chef adjoint des gardiens de prison), Haghjoo (chef des inspections) et Mahmoudi (chef du quartier 7) étaient présents, aux côtés de plusieurs agents pénitentiaires.
Selon ces sources, la présence simultanée de plusieurs hauts responsables de la prison indique que l’opération avait été planifiée à l’avance.
Inquiétudes croissantes quant au sort des prisonniers
Plusieurs heures après le transfert des trois prisonniers, aucune information officielle n’a été communiquée concernant le lieu où ils se trouvent ou leur état de santé. L’absence d’informations à la disposition de leurs familles et de leurs avocats a encore accru les inquiétudes quant à leur sort.
Cet incident survient alors que le quartier 7 de la prison d’Evin a fait l’objet de critiques répétées de la part d’organisations de défense des droits humains en raison des mauvaises conditions de détention, de l’hygiène insuffisante, du manque d’équipements et du traitement réservé aux prisonniers politiques.

