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Des Iraniens en route pour rejoindre le Hezbollah au Liban

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lefigaro.fr (Avec Reuters et AP), 27 juillet – Munis de drapeaux jaunes, symbole du mouvement chiite libanais, ils seraient plusieurs dizaines, jeunes et moins jeunes, à avoir quitté mercredi la République islamique afin de mener leur « guerre sainte contre les forces israéliennes » dans le pays du Cèdre.

Adolescents comme grands-pères, plusieurs dizaines d’Iraniens ont pris les routes du djihad (guerre sainte) contre Israël, mercredi, pour renflouer les rangs du mouvement chiite libanais, Hezbollah. Partis de Téhéran, une soixantaine de volontaires devaient ainsi retrouver quelque 200 autres aspirants combattants en direction de la frontière turque qu’ils espéraient franchir jeudi. Avant la dernière étape de leur entreprise : atteindre le pays du Cèdre via la Syrie voisine, le weekend prochain.

Si l’Iran, largement accusée de soutenir politiquement et logistiquement le Hezbollah, refuse officiellement d’envoyer des hommes pour l’appuyer sur le terrain, il ne semble pas pour autant vouloir entraver les velléités de ces hommes. « Nous sommes la première vague de guerriers islamistes à venir d’Iran », explique Amir Jalilnejad, leader du Mouvement des étudiants pour la justice, de l’Université de Téhéran, une organisation non-gouvernementale qui organise le recrutement des bonnes volontés. « Nous ne pouvons pas rester là et regarder nos frères du Hezbollah combattre seuls », explique Komeil, 21 ans. « Si nous mourons au Liban, nous irons au paradis. C’est notre devoir de musulmans », poursuit cet ancien membre des Basiji, un réseau paramilitaire de milices volontaires chargées du maintien de l’ordre, proches des puissants Gardiens de la Révolution, dans lesquelles le président Mahmoud Ahmadinejad a également servi.

Même le petit-fils de l’ayatollah Khomeini

Même s’ils ne portent pas d’armes, ces volontaires sont tous formés aux bases de l’entraînement militaire, dans la mesure où le service est obligatoire dans la République islamique. Certains d’entre eux bénéficient même de compétences élargies : c’est le cas des anciens combattants de la guerre de 1980-1988 contre l’Irak et surtout des Basiji.

Ce groupe de volontaires à l’allure à la fois militaire et religieuse s’est constitué mercredi dans un des principaux cimetières de Téhéran, réservés aux victimes de guerre et autres « martyrs ». Tous ont rendu hommage au chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et vilipendé les leaders arabes pour ne pas avoir envoyé d’hommes en renfort au Liban, depuis le début de l’offensive israélienne, le 12 juillet. « Depuis 24 ans, nous bénéficions de notre amitié avec la Syrie et l’Iran pour l’amour du Liban », avait également déclaré plus tôt Nasrallah, la bête noire d’Israël. Même Hassam Khomeini, le petit fils du père de la Révolution islamique, l’ayatollah Khomeini, a adressé une lettre à Hassan Nasrallah, le 18 juillet dernier, pour lui dire qu’il était prêt à se rendre au Liban et « combattre les ennemis du Liban et de l’humanité ».

Solidarité dans l’arc chiite ?

Selon les organisateurs de ce ralliement, les volontaires n’ont aucune garantie de laissez-passer par les autorités turques. Les Iraniens ont toutefois une autorisation leur permettant d’entrer dans la péninsule turque sans visa pour une durée de trois mois. Même si ces volontaires échouent à rejoindre le pays du Cèdre, leur mobilisation met en exergue la manière dont les Iraniens parviennent à soutenir le Parti de Dieu par le biais d’organisations non-étatiques, en dehors des cercles officiels. C’est également l’une des premières réactions de « solidarité » de ce type dans l’« arc chiite », qui balaie le Moyen-Orient de l’Iran à la Méditerranée et compte plus de 100 millions de partisans.

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