IranIran (actualité)Les Etats-Unis renouvellent leurs pressions sur Téhéran

Les Etats-Unis renouvellent leurs pressions sur Téhéran

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Le Monde.fr, 14 janvier – Par Natalie Nougayrède – Une semaine après l’incident naval qui a opposé, dans les eaux du détroit d’Ormuz, trois navires militaires américains et des vedettes des Gardiens de la révolution iraniens, George Bush a lancé une mise en garde à l’Iran, dimanche 13 janvier, dans le cadre de sa tournée dans les pays du Golfe.

Alors qu’il se trouvait à Abu Dhabi, au quatrième jour de son voyage au Moyen-Orient, le président américain a accusé l’Iran de constituer une « menace pour la sécurité des nations partout » dans le monde, et d’agir comme « premier parrain étatique du terrorisme ». Il a appelé les pays arabes sunnites et les « amis (des Etats-Unis) à travers le monde » à « faire face à ce danger avant qu’il ne soit trop tard ».

La dernière fois que M. Bush avait à ce point haussé le ton contre Téhéran remonte à octobre 2007, lorsqu’il avait commenté qu’un risque de « troisième guerre mondiale » se profilerait si l’Iran parvenait à maîtriser la technologie pour fabriquer une bombe nucléaire.

Dans ce qui semblait, à l’inverse, un effort visant à réduire les tensions autour de l’Iran à propos de ses activités nucléaires, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei, a fait savoir, dimanche, qu’il avait conclu un nouvel accord avec Téhéran. Celui-ci fixe un délai de quatre semaines pour que la République islamique réponde à un certain nombre de questions sur ses agissements passés dans le domaine nucléaire. L’accord a été scellé à l’occasion d’une visite de M. ElBaradei à Téhéran, vendredi 11 et samedi 12. Tout en limitant le temps dont dispose l’Iran, cet accord lui accorde en réalité un délai supplémentaire. Il s’agit de la mise en oeuvre d’un « plan de travail » établi entre l’AIEA et l’Iran en août 2007, dont M. ElBaradei avait lui-même souhaité qu’il soit mené à bien dès décembre 2007, ce qui n’a pas été le cas.

Les Etats-Unis ont expliqué que l’accord annoncé par l’AIEA ne résolvait pas tous les problèmes, et que l’Iran n’avait toujours pas satisfait la demande du Conseil de sécurité de l’ONU sur la suspension de l’enrichissement de l’uranium.

M. Bush s’est employé à rassurer ses alliés arabes sunnites, qui craignent tout à la fois la montée en puissance de l’Iran chiite et le risque de dérapage armé dans la confrontation entre l’Iran et les Etats-Unis. Il a annoncé que, face à l’Iran, Washington allait « renforcer (son) engagement de long terme en matière de sécurité auprès de (ses) amis dans le Golfe ».

De son côté, Nicolas Sarkozy, en déplacement dans le Golfe, a proposé à des pays de la région une coopération dans le domaine du nucléaire civil.

Arrivé dimanche à Riyad, le président français s’est entretenu avec le roi Abdallah d’Arabie saoudite, auquel il a proposé une aide française pour développer le nucléaire civil. Il devait poursuivre sa tournée par une visite d’Etat au Qatar, puis une étape dans les Emirats arabes unis, avec lesquels la France doit conclure un « accord de coopération pour l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire » comparable à ceux déjà signés avec l’Algérie et la Libye. M. Sarkozy estime que de tels gestes envers des pays arabes sont susceptibles d’inciter l’Iran à se conformer à ses obligations au regard du traité de non-prolifération.

Les propos de M. Bush contre l’Iran interviennent alors que la pression diplomatique que Washington, Londres et Paris comptaient exercer sur la République islamique s’est considérablement atténuée après la publication, le 3 décembre 2007, d’un rapport des agences de renseignement américain affirmant que Téhéran a arrêté en 2003 le volet militaire de son programme nucléaire.

La Russie et la Chine, sans pour autant refuser de discuter d’une nouvelle résolution de sanctions contre l’Iran à l’ONU, se sont employées à en repousser l’échéance et à en amoindrir le contenu.

REPROCHES MULTIPLES

En accusant l’Iran de « sponsoriser » le terrorisme dans le monde, M. Bush reprend un angle d’attaque déjà mis en avant en octobre, lorsque les Etats-Unis avaient inscrit la force Qods des Gardiens de la révolution iraniens sur la liste des organisations terroristes.

Le président américain, tout en se disant attentif aux aspirations du peuple iranien à la démocratie, a multiplié dimanche, dans son discours, les reproches envers Téhéran : soutien financier au Hamas palestinien, envoi d’armes aux talibans afghans, appui aux extrémistes chiites en Irak.

Selon une porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino, les militaires américains « prennent très au sérieux » l’incident survenu, le 6 janvier, dans le Golfe. « Les militaires se souviennent de ce qui a eu lieu dans le passé, comme le Cole… » a-t-elle dit, faisant référence à la mort de 17 marins américains lors d’une attaque terroriste contre le destroyer Cole, au large du Yémen, en octobre 2000.

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