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A Auvers-sur-Oise, la résistance iranienne dénonce la «complaisance» de la France envers Téhéran

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20 minutes, Auvers-sur-Oise, 8 février – Rue des Gords, les caméras de surveillance scrutent chaque aller et venue. Dans ce quartier coquet d’Auvers-sur-Oise (Val-d’Oise), les hautes palissades, les fils barbelés et le portique de détection qui protègent depuis 1981 le siège du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) sont pour le moins inattendus. Pendant plus de dix ans, un peloton de huit gendarmes assurait en permanence la protection du site : trois villas et une quinzaine de bureaux où vivent et travaillent une cinquantaine de membres de « la résistance iranienne ».
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Un millier de policiers

Il y a quelques mois, la mission des gendarmes a été suspendue. Car les relations entre les Iraniens d’Auvers et le ministère de l’Intérieur ont bien changé. La préfecture de police vient ainsi d’annuler la manifestation prévue demain au Trocadéro, sans explication officielle. Et au printemps 2003, le siège du CNRI avait surtout été la cible de la plus grosse opération de police organisée ces dernières années.

17 juin 2003, 6 h du matin, 1 300 policiers et gendarmes investissent ce qu’ils estiment être devenu le siège des Moudjahidines du peuple iranien, la branche armée du CNRI. Lourdement armées, les forces de l’ordre débarquent en cars, en hélicoptères et même en bateau. La DST affirme venir démanteler « un centre opérationnel de terrorisme ».

Pourtant le bilan apparaît maigre au regard des moyens déployés. La seule arme saisie s’avère autorisée par le ministère de l’Intérieur. Sur les 165 personnes interpellées, une dizaine restent mises en examen pour « lien avec une entreprise terroriste », mais elles n’ont été réentendues qu’une fois par un magistrat. Les cinq assignations à résidence ont toutes été déclarées illégales, faute de charges, et ont valu 3 000 e d’indemnités aux personnes concernées. Place Beauveau, on se refuse à tout commentaire. Seul élément suspect du dossier : les 9 millions de dollars en liquide découverts lors de l’opération.

Un gouvernement laïque

Alors que protègent les barbelés de la rue des Gords ? « Nous craignons des actions du régime des mollahs, explique Afchine Alavi, membre du Conseil. C’est d’ailleurs contre celles-ci que le gouvernement nous protégeait il n’y a pas si longtemps. » A travers le monde, des dizaines d’intellectuels de la diaspora travaillent sur un projet de gouvernement laïque dans l’espoir de prendre un jour le pouvoir en Iran. « Nous sommes répartis en vingt-cinq commissions. Comme des ministères », précise Naziri Behzad, ex-journaliste de l’AFP à Téhéran.

L’autre mission consiste en un lobbying permanent auprès des responsables politiques occidentaux, afin de trouver des soutiens dans la conquête du pouvoir. « C’est à tout cela que servait l’argent saisi le 17 juin, explique Afchine Alavi, qui affirme qu’il provenait de dons. « Ce n’était pas le fruit de braquages chargés de financer le terrorisme, garantit Jean-Pierre Becquet, maire PS d’Auvers. Des milliers d’Iraniens en exil ont de bonnes situations et soutiennent la résistance. »

Echanges commerciaux

Les Iraniens d’Auvers devront prouver que l’argent ne servait pas à l’achat d’armes pour les Moudjahidines du peuple. Forte de plusieurs milliers d’hommes, cette armée surtout basée en Irak alimenterait son arsenal par les circuits locaux, selon le CNRI. Le Conseil veut donc démontrer que l’opération du 17 juin était un « service » rendu à Téhéran en échange de contrats commerciaux. Un mois plus tôt, la France signait un accord « de protection des investissements » avec l’Iran. Depuis, Total, Alcatel ou encore Renault y développent leurs activités. « A part par ce changement, comment expliquer qu’on nous traite désormais ainsi ? », s’interroge Meezi Boagzad, l’un des piliers du CNRI, un temps assigné à résidence.

Pour les membres du CNRI et la soixantaine d’associations qui appelaient au rassemblement de demain, son annulation relève de la même « volonté de ne pas froisser le régime iranien ». Grégory Magne

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