IranNucléaireNucléaire iranien: "proposition" confidentielle de l'Iran

Nucléaire iranien: « proposition » confidentielle de l’Iran

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GENÈVE, 15 octobre 2013 (AFP) – Par Pierre TAILLEFER  – Les négociations sur le programme nucléaire iranien controversé ont commencé mardi à Genève pour essayer de relancer un dialogue en panne via une « proposition » confidentielle de l’Iran, dans un nouveau climat apaisé.

Les parties ont convenu de ne pas donner d’informations sur cette proposition, a indiqué le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Aragchi.

Cette proposition « très complète (…) peut permettre une percée dans les négociations », a affirmé le vice-ministre devant des journalistes iraniens.

« Nous sommes sérieux, nous ne sommes pas là symboliquement ou pour perdre notre temps », a-t-il dit.

Il a exprimé l’espoir qu’il pourra y avoir un nouveau tour de discussions dans un mois et une première « avancée initiale » d’ici à la fin des discussions mercredi.

Les attentes sont d’autant plus grandes que le nouveau président iranien Hassan Rohani a multiplié les gestes d’ouverture à l’intention des Occidentaux et en premier lieu des Etats-Unis.

« Les Iraniens ont fait une présentation +powerpoint+ de leur proposition dès le début de la réunion et cela a pris presque une heure de temps », a déclaré Michael Mann, porte-parole de Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne qui préside les négociations.

Pour l’UE, la « balle est dans le camp iranien », a souligné ce porte-parole.

« Depuis l’élection de M. Rohani, il y a des signaux de Téhéran qu’ils veulent s’engager dans des négociations, qu’ils veulent être plus transparents. La preuve serait qu’ils fassent de vrais progrès dans ces négociations », a affirmé M. Mann.

Signe de cette « nouvelle atmosphère », pour la première fois les discussions se tiennent en anglais, a relevé un officiel américain.

Les négociations qui doivent durer deux jours entre l’Iran et les pays du groupe des 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine, Allemagne) sont prévues au niveau des directeurs politiques ou des vice-ministres des Affaires étrangères.

Pour la première fois, la délégation américaine, menée par la secrétaire d’Etat adjointe aux affaires politiques Wendy Sherman, est accompagnée de responsables de la mise en place des sanctions économiques contre l’Iran, une politique qui pèsent lourdement sur l’économie iranienne. Cette présence est interprétée par des experts américains de la négociation comme un signe d’ouverture de Washington.

Les Occidentaux et Israël soupçonnent l’Iran de cacher un volet militaire sous couvert de son programme nucléaire civil. Ils s’inquiètent de la possibilité pour Téhéran d’enrichir l’uranium à un niveau suffisant pour fabriquer une bombe atomique.

Israël, isolé, continue à presser les grandes puissances de ne pas relâcher la pression sur Téhéran.

Après une réunion lundi soir à Jérusalem, le cabinet de sécurité, composé des sept principaux ministres, a mis en garde contre « tout accord partiel qui conduirait à un effondrement du régime des sanctions sans aboutir à un démantèlement total du programme nucléaire militaire iranien ».

« L’Iran pense qu’il peut s’en tirer avec des concessions cosmétiques qui n’entraveraient pas de manière significative sa marche vers le développement d’armes nucléaires, des concessions sur lesquelles il pourrait faire marche arrière après quelques semaines », affirme-t-il dans un communiqué.

A la veille des discussions, chacun a fait assaut d' »optimisme prudent » appelant l’autre partie à donner des preuves concrètes de ses intentions.

M. Araghchi, un diplomate au discours plus classique, négociateur en chef sur le nucléaire, avait également tracé « la ligne rouge pour l’Iran » sur l’enrichissement de l’uranium, au centre des inquiétudes occidentales.

« Nous ne permettrons en aucun cas que l’enrichissement d’uranium soit suspendu, limité ou stoppé. Nous pouvons en revanche discuter du niveau, de la forme et de la quantité de l’enrichissement », a-t-il affirmé. « Nous ne permettrons pas non plus qu’un gramme d’uranium enrichi quitte le pays », a-t-il ajouté.

Selon le rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) publié fin août, l’Iran possède 6.774 kilogrammes d’uranium enrichi à 3,5%, et 186 kg d’uranium enrichi à 20%. Le pays a également transformé 187 autres kg d’uranium enrichi à 20% en barres de combustibles. L’Iran possède plus de 19.000 centrifugeuses, dont 1.000 de la nouvelle génération, plus puissantes que les précédentes.

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