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L’Iran s’apprête à reprendre des activités sensibles, au risque de la crise

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AFP, Téhéran, 31 juilet – L’Iran s’apprête à reprendre lundi des activités nucléaires ultra-sensibles qui l’exposent au Conseil de sécurité de l’Onu, après avoir lancé à l’Europe un ultimatum resté sans réponse dimanche soir.
L’Iran « remettra lundi à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) la lettre annonçant la reprise des activités » de conversion d’uranium dans son usine d’Ispahan (centre), et le « redémarrage commencera immédiatement », a dit à l’AFP une source iranienne informée à l’issue d’une réunion du Conseil suprême de la sécurité nationale, le plus haut organe de sécurité du pays.
Les scellés posés sur les installations par l’AIEA « vont être enlevés en présence des inspecteurs (de l’agence) et les activités vont reprendre », a dit plus tôt le porte-parole des Affaires étrangères Hamid Reza Assefi.
Un revirement de dernière minute lundi ne peut cependant être catégoriquement exclu. Il y a eu un précédent en mai quand les Iraniens avaient renoncé au dernier moment à déposer une lettre analogue à l’AIEA.
Une autre source proche des négociations a ainsi déclaré à l’AFP que l’Iran était prêt à reporter la reprise si les Européens lui reconnaissaient le droit à l’enrichissement d’uranium dans des propositions de coopération qu’ils se sont engagés à lui soumettre.
Les Iraniens ont donné aux Européens, selon les officiels, jusqu’à dimanche 17H00 (12H30 GMT) ou lundi pour remettre des propositions reconnaissant le droit de l’Iran à l’enrichissement. Le premier ultimatum a expiré sans autre réponse publique des Européens que le refus de se laisser impressionner.
Les Européens refusent d’entendre parler d’une telle reconnaissance. Et une reprise de la conversion, préalable à l’enrichissement, ruinerait le processus de négociations.
« Il s’agit de pressions difficilement acceptables qui nous conduisent à exprimer notre surprise et notre préoccupation », a réagi à Paris un diplomate sous couvert de l’anonymat.
Une reprise « constituerait un pas inutile et préjudiciable » qui rendrait « très difficile la poursuite des négociations » alors que les Européens prévoient de faire des propositions de coopération « pleines et détaillées » dans une semaine, a abondé le Foreign Office.
La levée des scellés serait une « provocation et les indices d’une rupture seraient clairs », a dit un diplomate.
Le Haut représentant pour la politique extérieure de l’Union européenne, Javier Solana, a appelé les Iraniens dimanche, a indiqué une source proche des tractations.
Les Européens ont prévenu qu’ils soutiendraient le recours au Conseil de sécurité contre l’Iran, réclamé depuis des mois par les Etats-Unis, si les Iraniens relançaient l’enrichissement ou son préalable, la conversion d’uranium, suspendus en novembre pour permettre les discussions.
« Le Conseil de sécurité, ce n’est pas la fin du monde », a dit M. Assefi.
L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, mandatées par l’UE, négocient depuis décembre avec l’Iran pour obtenir les garanties que Téhéran, suspecte après des années de dissimulations, ne fabriquera pas l’arme nucléaire.
Or, pour les Européens, qui offrent une coopération nucléaire, commerciale et politique, la garantie la plus probante, c’est que les Iraniens renoncent définitivement à l’enrichissement, ce que Téhéran refuse.
Les Européens ont proposé de remettre les propositions détaillées d’une coopération le 7 août, après la prise de fonctions du nouveau président Mahmoud Ahmadinejad. Mais les Iraniens ont mal pris que, selon leurs renseignements, ces propositions ne reconnaissent pas le droit de la République islamique à l’enrichissement, et ont insisté sur la date du 1er août.
L’ultimatum avait d’autant moins de chance d’être respecté qu’il n’a pas été notifié aux Européens par la voie diplomatique, mais par voie de presse, ont relevé des diplomates qui n’ont guère apprécié la méthode employée.
Dimanche, les Européens « attendaient de voir » ce que feraient les Iraniens lundi, et tâchaient d’obtenir des « clarifications ».
En particulier, M. Agha Mohammadi a parlé de la reprise « d’une partie » des activités d’Ispahan.
Mais même « une partie » semble difficilement acceptable pour les Européens.
L’offre de ces derniers risque de devenir caduque. Selon les agissements iraniens, les Européens se réservent la possibilité de demander une réunion d’urgence de l’AIEA, qui pourrait être un premier pas vers le Conseil de sécurité.

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