IranNucléaireRisques de prolifération "trop élevés" si l'Iran "persévère" (UE-3)

Risques de prolifération « trop élevés » si l’Iran « persévère » (UE-3)

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AFP, Paris, 22 septembre – Les « risques de prolifération sont trop élevés » si l’Iran « persévère » dans sa politique nucléaire actuelle, déclarent les ministres des Affaires étrangères français, allemand, britannique dans une tribune à paraître jeudi dans le quotidien français Le Monde.

« Si l’Iran persévère dans la voie qu’il suit aujourd’hui, les risques de prolifération sont trop élevés », écrivent Philippe Douste-Blazy, Joschka Fischer et Jack Straw dans cette tribune devant être publiée en début d’après-midi et co-signée par le Haut représentant pour la politique extérieure de l’Union européenne Javier Solana.

« L’Asie centrale et le Moyen-Orient, qui sont parmi les zones les plus fragiles du monde, risquent d’être déstabilisés », assurent-ils. « D’autres Etats pourraient bien chercher à développer leurs propres capacités » nucléaires, selon eux. « Le TNP (Traité de non prolifération) en sera gravement affecté ».

La troïka européenne (Allemagne, France, Royaume-Uni) estime également qu' »il existe de sérieux motifs de craindre que les ambitions nucléaires de l’Iran puissent ne pas être exclusivement pacifiques ».

Elle rappelle que « depuis près de vingt ans, l’Iran a caché des activités liées à l’enrichissement et des activités de retraitement qui, en cas de réussite, lui permettraient de produire des matières fissiles pour une arme nucléaire ».

En outre, « aucune logique économique ne justifie l’existence des installations qui se trouvent au centre du différend, les usines d’Ispahan et de Natanz, si celles-ci ont pour unique fonction de produire du combustible destiné à des réacteurs nucléaires, comme l’affirme l’Iran ».

« L’Iran n’a aucune centrale nucléaire susceptible d’utiliser le combustible qu’il dit vouloir produire », relèvent les ministres des Affaires étrangères.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s’est dit mercredi déterminé à maîtriser le cycle du combustible nucléaire, « élément clé pour le progrès ». « Il mènera l’Iran à un niveau élevé de développement mais les puissances occidentales ne veulent pas cela », a-t-il dit.

Téhéran « cherche à présenter le problème comme un différend qui opposerait le monde développé et les pays en développement » poursuivent MM. Douste-Blazy, Fischer, Straw et Solana, en ajoutant : « ces arguments ne résistent pas à l’examen ».

Les ministres rappellent que les Iraniens ont rejeté l’offre détaillée de coopération nucléaire, commerciale et politique remise le 5 août à la République islamique, avant de sortir de l’accord de Paris de novembre 2004 en reprenant le 8 août la conversion d’uranium dans leur usine d’Ispahan (centre).

« Nous avons délibérément choisi d’éviter tout commentaire public susceptible d’accroître les tensions, en dépit de la violation par l’Iran de l’accord de Paris », précisent-ils. « Mais, dans son discours à l’Assemblée générale (de l’Onu) le 17 septembre, le président Ahmadinejad n’a montré aucune flexibilité, parlant d »apartheid nucléaire' ».

Les Européens ont renoncé dans l’immédiat à demander à l’exécutif de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de saisir le Conseil de sécurité de l’Onu, selon un nouveau projet de résolution à l’AIEA, communiqué jeudi à l’AFP. La Russie, la Chine et les pays non-alignés s’y opposent.

« Les projecteurs sont maintenant sur le Conseil des gouverneurs de l’AIEA, à Vienne, qui doit répondre », écrivent les ministres dans leur tribune, en espérant « que tous les membres de la communauté internationale resteront unis ».

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