Selon les dernières données de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), le régime iranien augmente sa production d’uranium et a déclaré que ses réserves de ce métal sont bien plus importantes que prévu.
Les nouvelles statistiques, publiées mardi 8 avril dans le « Livre rouge » – le rapport biennal de l’AIEA sur l’industrie de l’uranium – pourraient susciter des inquiétudes quant à l’orientation du programme nucléaire du régime.
Le rapport indique que depuis 2022, le régime iranien a foré au moins 12 nouvelles mines d’uranium, bien que ces ressources ne soient pas considérées comme économiquement viables et soient bien inférieures à la quantité nécessaire pour alimenter un réacteur nucléaire.
Les auteurs du rapport, basés dans les bureaux de l’AIEA à Vienne et à Paris, écrivent que Téhéran a démontré que les réserves d’uranium de l’Iran sont nettement supérieures aux estimations précédentes. Le pays pourrait presque quadrupler sa production de minerai d’uranium pour atteindre 71 tonnes cette année.
Contrairement à d’autres segments du cycle du combustible nucléaire – un processus industriel complexe qui convertit les isotopes d’uranium en combustible énergétique – les activités minières en amont ne font pas l’objet d’audits réguliers. Les inspecteurs de l’AIEA surveillent l’uranium enrichi dans le monde entier, car il peut être utilisé pour la production d’armes, mais le minerai d’uranium peut être extrait et commercialisé sous des restrictions et réglementations moins strictes.
En 2015, les puissances mondiales ont conclu un accord avec le régime iranien, connu sous le nom de JCPOA, qui imposait des restrictions aux activités nucléaires de l’Iran en échange de la levée des sanctions. En mai 2018, le président américain Donald Trump s’est retiré de l’accord sur le nucléaire et a réimposé des sanctions strictes contre le régime iranien.
La production nationale d’uranium enrichi est-elle économiquement viable pour l’Iran ?
L’AIEA a confirmé que le régime iranien avait multiplié par sept sa production d’uranium enrichi. Depuis son retour à la présidence, Trump a exprimé son souhait de conclure un nouvel accord nucléaire avec l’Iran et a menacé d’une action militaire si Téhéran refusait d’entamer des négociations directes.
Lundi 7 avril, des responsables iraniens ont annoncé leur volonté de négocier avec les États-Unis, à condition que les pourparlers soient menés sous la médiation d’Oman.
Néanmoins, les activités d’extraction d’uranium de l’Iran ont attiré l’attention des analystes de la sécurité, qui affirment que les réserves sont insuffisantes pour alimenter un réacteur nucléaire, mais seraient suffisantes pour produire une bombe nucléaire.
Le réacteur nucléaire iranien de la centrale de Bushehr nécessite environ 160 tonnes (plus précisément 145,15 tonnes) de minerai d’uranium par an, mais le régime n’en extrait que 21 tonnes par an. La Russie, qui a construit la centrale de Bushehr, fournit également son combustible.
Selon les données de l’AIEA, les ingénieurs iraniens produisent désormais l’équivalent d’une bombe nucléaire en uranium enrichi à 60 % par mois. Dans un rapport publié en février, l’agence a indiqué que les stocks iraniens d’uranium enrichi avaient augmenté de 50 % au cours des trois derniers mois, atteignant 275 kilogrammes.

