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Téhéran veut «dialoguer» tout en poursuivant ses activités nucléaires

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lefigaro.fr, 1 juin – Les Etats-Unis se sont déclarés prêts mercredi à discuter avec la République islamique à condition que celle-ci abandonne les travaux d’enrichissement d’uranium. Une condition que Téhéran, via son ministre des Affaires étrangères, a refusé. Les « Cinq grands » et l’Allemagne, réunis à vienne jeudi, pourraient décider d’imposer des sanctions à l’Iran.

« Dès que l’Iran suspendra complètement et de façon vérifiable ses activités d’enrichissement et de retraitement, les Etats-Unis rejoindront leurs collègues de l’UE-3 (France, Allemagne, Grande-Bretagne) à la table des négociations et rencontreront des représentants iraniens », a déclaré mercredi à Washington la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice. « Il s’agit d’un moment de vérité pour l’Iran », a-t-elle ajouté sur la chaîne CBS.

Mais depuis le début de la crise, les responsables iraniens ont toujours rejeté toute possibilité de suspension de leurs activités d’enrichissement d’uranium. Jeudi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a déclaré que son pays était « prêt au dialogue » mais qu’il refusait de « suspendre son enrichissement d’uranium ». « Nous soutenons un dialogue juste et impartial, mais nous ne discuterons pas de nos droits inaliénables et légitimes », a-t-il déclaré. « La déclaration de Condoleezza Rice ne contient aucune idée nouvelle. Elle a repris les mêmes vieux termes », a conclu Manouchehr Mottaki.

« PROPAGANDE»

Une déclaration qui vient appuyer celle du ministre du Pétrole, faite la veille. Depuis le Venezuela, où il participe à une réunion des pays producteurs de pétrole (Opep), le ministre iranien a déclaré : « Nous ne négocierons jamais le cycle de carburant nucléaire que nous avons atteint avec les efforts des scientifiques de notre pays. »

Le responsable iranien s’exprimait peu après que l’agence officielle de presse iranienne Irna ait qualifié la proposition américaine de « propagande ». Les Européens « doivent accepter la réalité et l’irréversibilité des activités nucléaires iraniennes », avait affirmé au préalable Mohammad Saïdi, vice-président de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), selon l’agence Irna.

UN GESTE SALUE PAR LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

Mercredi, la proposition américaine avait pourtant été perçue comme une possibilité de régler le conflit de manière pacifique. Saluée par tous, elle était le symbole d’un dialogue direct réclamé depuis longtemps par le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, et plusieurs pays européens. L’offre des Etats-Unis représente en effet un changement radical dans l’attitude de Washington, qui proscrit tout contact avec la République islamique depuis la prise d’otages en 1979 à l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran.

Paris s’est félicité de la « disponibilité » des Etats-Unis, Londres s’est réjoui de leur « support actif », Berlin a parlé de « fenêtre ouverte », l’Italie de « développement positif » tandis que Javier Solana, le haut représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère, évoquait l’«espoir» d’une nouvelle relation avec l’Iran. Le Koweït a quant à lui exhorté l’Iran à répondre positivement à l’offre américaine.

LA RUSSIE OPTIMISTE

L’offre américaine est survenue à la veille d’une réunion ministérielle à Vienne des cinq membres permanents du Conseil de sécurité et de l’Allemagne. Cette rencontre a pour objectif de finaliser une offre européenne de mesures incitatives, en matière commerciale, technologique et sécuritaire, mais aussi de sanctions économiques pour amener l’Iran à renoncer à son programme nucléaire controversé.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov se déclarait optimiste mercredi. « Nous avons ressenti un climat positif pour parvenir à une solution », a-t-il dit, tandis que son collègue de la Défense Sergueï Ivanov rappelait la proposition russe d’enrichir l’uranium iranien en Russie et non en Iran. Téhéran a toujours assuré ne pas avoir d’objectif militaire et vouloir seulement alimenter en combustible ses futures centrales nucléaires civiles.

LA CHINE REFUSE LES SANCTIONS

La Chine avait également apporté son soutien à la proposition américaine. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Li Zhaoxin, et Condoleeza Rice ont évoqué le dossier mercredi soir par téléphone. « La conversation a porté essentiellement sur la manière de résoudre la question nucléaire iranienne par la voix diplomatique », a indiqué l’agence Chine Nouvelle.

Peu avant, un responsable américain avait annoncé que la Russie et la Chine étaient prêtes à retourner devant le Conseil de sécurité de l’Onu et à envisager des sanctions en cas d’absence de coopération de la part de l’Iran. Une information démentie jeudi par Pékin : « Nous ne soutenons pas l’utilisation arbitraire des sanctions dans les dossiers internationaux », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Depuis le début de la crise, la Chine et la Russie, alliés économiques de Téhéran, ont toujours refusé d’envisager des sanctions.

Mais avec le refus iranien exprimé jeudi, c’est la possibilité d’un règlement pacifique du conflit qui s’éloigne. Et les sanctions qui se rapprochent.

(avec AFP et AP),

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