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Escalade iranienne

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Le Monde, 27 mars – Editorial – En décidant de « limiter » sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en réponse au second volet de sanctions, adopté à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU, l’Iran choisit l’escalade diplomatique. « Il n’y aura pas même une seconde d’arrêt dans la marche nucléaire pacifique et légale du peuple iranien », clame le président de la République islamique, Mahmoud Ahmadinejad. Téhéran indique qu’au lieu d’informer au préalable l’AIEA de la construction d’installations nucléaires l’annonce ne sera faite que six mois avant leur mise en service. Concrètement, cela justifie par avance l’éventuel développement d’installations secrètes.

Téhéran, tout en rappelant que son objectif est le nucléaire civil et non la bombe atomique, choisit donc la confrontation, alors que la communauté internationale parvient à rester unie. Américains, Européens, Russes et Chinois continuent, en dépit de leurs divergences, de parler d’une seule voix.

L’Iran choisit aussi la confrontation au sujet de l’Irak, même si c’est moins évident. L’ambassadeur américain à Bagdad, Zalmay Khalilzad, d’origine afghane et fin connaisseur du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, résume bien l’attitude de Téhéran en évoquant « une politique schizophrénique ». L’Iran a soutenu la chute de Saddam Hussein et le processus politique en Irak, parce que celui-ci favorise la majorité chiite, et est dans le même temps soupçonné d’armer des milices chiites, voire des factions de la guérilla sunnite. « L’Iran soutient d’un côté le gouvernement irakien, explique M. Khalilzad, et mène de l’autre une politique visant à faire échouer la coalition » menée par les Etats-Unis.

Et la capture de quinze marins britanniques dans le Golfe, au lendemain de nouvelles accusations américaines sur le rôle trouble de Téhéran en Irak et à la veille du vote des sanctions au Conseil de sécurité, ne peut que contribuer à envenimer la situation.

Certains, dont la France, tentent de se rassurer en pensant que le pouvoir iranien est divisé, sur le nucléaire comme sur l’Irak. Que le guide Ali Khamenei n’aurait pas un goût prononcé pour les déclarations incendiaires du président Ahmadinejad. Et que certains services de sécurité, dont les Gardiens de la révolution, mènent leur propre politique, en Irak comme dans cette affaire de piraterie dans le Golfe.

Ces clivages ne doivent pourtant pas faire oublier l’essentiel. L’Iran, s’il veut retrouver sa place au sein de la communauté internationale, n’a qu’une solution : le dialogue diplomatique et le respect des règles internationales. Tant que ce n’est pas le cas, et autant pour combattre la prolifération nucléaire que pour éviter une intervention militaire américaine, la seule solution restera de durcir le ton et de durcir les sanctions.

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